Demain Berlin, roman d’un écrivain vivant

demainberlin coupdecoeurmkOscar Coop-Phane est un type énervant. Un jeune con prétentieux qui clame à qui veut l’entendre qu’il ne lit « que les auteurs morts », autrement dit qu’il est assez stupide pour se passer du puissant vertige de Joyce Carol Oates ou de la verve vénéneuse de Marc-Edouard Nabe. Notons qu’avec l’allongement de l’espérance de vie ses lectures vont finir par se faire rares : il est certainement le seul lecteur sur Terre à avoir accueilli la mort de Garcia Marquez par un élégant : « Putain c’est pas trop tôt ! » Lire la suite

La Tante de Russie par Elise Fischer

SCN_0070La Tante de Russie

par Elise Fischer

Presses de la Cité, 2014

20,00 €

Résumé :

Septembre 1899. La jeune Lucie quitte sa terre lorraine pour accomplir son fabuleux destin. Ou comment une orpheline née à Saint-Dizier à la frontière de la Meuse devient, à Saint-Petersbourg, l’intime de la plus haute aristocratie impériale, la gouvernante des filles du dernier tsar de Russie, les princesses Olga et Tatiana, et l’amante passionnée du chef des cosaques du Don. Autant d’années lumineuses juste avant le chaos, la révolte d’un peuple acculé dont elle comprend pourtant la détresse. Et ses propres drames…

Mon avis :

Je n’avais pas du tout entendu parler de ce livre lorsque je suis tombée dessus à la librairie Tirloy de Lille. C’est la couverture qui m’a d’abord attirée, puis le résumé. Certains le savent, je suis très intéressée par l’Histoire de la Russie, notamment par le règne du dernier Tsar de toutes les Russies, Nicolas II. Alors quand j’ai vu ce livre, je me suis très vite laissée tenter. Et je ne le regrette pas !

Le roman débute tout d’abord par les aventures d’une certaine Lise, journaliste pour la télévision, qui se retrouve plus ou moins forcée de faire un reportage sur la Pâque Orthodoxe Russe. C’est au cours de ce reportage que va lui venir le besoin irrépressible de retrouver les traces de sa grand-tante Lucie Thomas, de retracer l’histoire de cette jeune femme partie de Lorraine pour se retrouver gouvernante des enfants du Tsar à la cour de Russie. Puis l’on change de narratrice : c’est ensuite Lucie Thomas elle-même qui va nous raconter sa vie, de son enfance dans l’est de la France, jusqu’aux prémices de la Révolution Russe. Elle parle alors de ses amours, de ses craintes, de sa vie passée dans l’entourage de la famille impériale.

Je commence par un point noir, pour moi le plus gros du roman : le début. J’ai trouvé que toute l’histoire autour de la soi-disant « quête » de Lise sur les traces de sa grand-tante était superflue. Cela aurait pu être un bon début pourtant, mais la transition entre les récits des deux narratrices est pour moi quelque peu bâclé, puisque Lise tombe comme par miracle sur des écrits de son illustre aïeule… Un peu dur à avaler pour moi, je ne vous le cache pas.

Mais trêve de reproches, parlons maintenant de ce qui est le cœur du livre : le récit de Lucie Thomas, de ses aventures entre la France et la Russie. Eh bien, j’ai réellement trouvé cette partie du récit passionnante. J’ai eu peine à lâcher le livre tant l’histoire était prenante ! L’auteure parvient à nous plonger avec brio dans cette ambiance de la Russie Impériale du début du XXème siècle. La narratrice, Lucie, est très attachante, et on parvient sans aucune difficulté à la suivre dans ce pays partagé entre les fastes de la cour impériale et la misère du peuple ou la révolte gronde, sous-jacente. Elle côtoie de très près certains personnages historiques, notamment le Tsar Nicolas II, la Tsarine Alexandra, leurs cinq enfants Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexeï, mais aussi le sinistre Raspoutine… On découvre ces grands noms de l’Histoire dans leur intimité, peut-être un peu plus humains, et moins iconiques. Toutefois, ceux qui connaissent quelque peu l’histoire de cette période troublée de la Russie s’attendront sans peine à la fin du roman, évidente. Le seul regret que j’ai d’ailleurs à ce sujet, c’est que l’auteure n’ait pas approfondi certains aspects historiques, mais soit restée en surface des choses. Toutefois, c’est là un avis personnel, et certains diront probablement que je suis trop pointilleuse…

Autre point positif du récit : la relation entre Lucie et Piotr. Peut-être un peu bateau, diront certains, mais personnellement j’ai beaucoup apprécié la manière dont elle a été présentée, dont elle s’est déroulée.

En tout cas, je ressors de ce roman avec une très bonne impression générale. Je vous le recommande sans hésiter, surtout si cette période de l’Histoire vous intéresse particulièrement.

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✩

Le potentiel érotique de ma femme – David Foenkinos

lepotentielerotiquedemafemme« Son expérience en matière d’érotisme ressemble au charisme d’une fissure. » ; tout est dit, David Foenkinos résume ici très bien ce que l’on ressent en lisant son livre: Le potentiel érotique de ma femme

Je suis la première à dire que La délicatesse est une jolie gourmandise, une parenthèse sucrée qui met du baume au coeur. En bref, une bonne lecture de vacances. C’est donc naturellement que je me suis tournée vers Le potentiel érotique de ma femme, en quête d’une lecture légère et agréable. Avec un titre aussi long et accrocheur je ne m’attendais pas à une oeuvre (pour autant que l’on puisse appeler ainsi cet assemblage de pages) aussi plate, lourde et vide de toute sensualité.

L’histoire est pourtant prometteuse: Hector, élevé laborieusement par une mère passionnée de soupes et un père obsédé par la moustache du sien (de père), souffre de « collectionnite aiguë ». Sa « maladie » le pousse au suicide à la suite d’une défaite au concours de la plus belle collection de badges. Évidemment, en parfait raté, sa tentative est avortée par un malaise dans les couloirs du métro sous lequel il voulait se jeter (ce qui est particulièrement dommage, cela nous aurait évité les cent pages suivantes). Hector est alors hospitalisé pour six mois, il se désintoxique des collections et – surprise! – tombe amoureux d’une infirmière. Il l’aime, elle l’aime, ils s’aiment. Tout est parfait.

L’auteur aurait pu avoir la délicatesse de s’arrêter là. Mais non, sinon le titre n’aurait aucun sens. Or, cela fait cent pages que nous sommes à l’affût du fameux « potentiel érotique ». Il se trouve que l’infirmière, aussi nommée Brigitte, lave les vitres comme personne (ou plutôt comme tout le monde) et cela excite son époux. À tel point qu’il décide de tout faire pour la voir escalader son petit tabouret et astiquer des carreaux. Chacun son truc… Mais était-il bien nécessaire d’en faire un livre?

Si encore le tout était bien écrit. Mais Foenkinos collectionne les blagues vaseuses et les figures de style laborieuses. Il n’y a pas une once de sensualité, tout est lourd. Passé les trois premières pages on fait littéralement une indigestion du style de l’auteur. Sans parler des constantes apostrophes au lecteur qui pourrait être agréables si elles ne se résumaient pas à « regardez comme je suis drôle et talentueux! « . À force de se concentrer sur le lecteur il en oublie ses personnages. Ce qui explique sûrement leur cruel manque de profondeur.

En résumé, entre un anti-héros caricatural à la « tête de héros », une trame tellement loufoque qu’elle en devient invraisemblable et un style à vous faire regretter les Mémoires du Général de Gaulle… Je ne peux vous conseiller qu’une chose pour vos prochaines vacances: laissez Foenkinos à ses collections. Lisez plutôt le dernier François Morel qui veut être futile à la France. Futile, peut-être, mais qui a au moins le mérite d’être drôle et vraiment intelligent!

Elisa Brière

Si, malgré tout, vous désirez ardemment acquérir ce livre, faites le chez votre libraire ou via leslibraires.fr

Kinderzimmer par Valentine Goby

KinderzimmerKinderzimmer

par Valentine Goby

Actes Sud, 2013

20€

Résumé :

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Mon avis :

Il y a des livres, comme ça, qui ne peuvent laisser indifférents leurs lecteurs. Et c’est notamment le cas de celui-ci. Basé sur de véritables témoignages, en particulier celui de Marie-José Chombart de Lauwe, résistante déportée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale, ce récit brillamment romancé par Valentine Goby  nous prend littéralement au tripes, et nous dévoile une part de notre histoire encore méconnue.

Car oui, dans les camps de prisonniers allemands, les prisonniers (ou ici, en l’occurrence, les prisonnières) ne s’arrêtent pas de vivre. La vie y est certes bien différente, bien plus dure et bien plus marquée par les privations, mais la vie reste la vie. Mila, résistante déportée, en est la preuve vivante, puisqu’elle arrive au camp de Ravensbrück alors qu’elle est enceinte d’à peine quelques semaines.

Le récit est alors rempli de contradictions flagrantes, parfois même difficiles à supporter pour le lecteur, qui se sent presque mal à l’aise en tournant les pages : des conditions de vie insoutenables du camp de travail, à la Kinderzimmer, ce lieu où se trouvent tous les enfants nés dans le camp ; de l’inhumanité des gardes allemands au soutien que trouvent les prisonnières entre elles… Le propos de l’auteure est cru, net. Le style est tranchant, n’hésite pas sur les mots, dit les choses telles qu’elles étaient à l’époque, sans tabous ni peur de la réalité. Ce style marque l’esprit du lecteur mieux que n’importe quelle autre façon de faire.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé, ou que j’ai détesté ce livre. Je l’ai lu. Je me suis attachée aux personnages de Mila, Teresa, et de certaines autres prisonnières du camp. J’ai souffert, j’ai espéré, j’ai résisté avec elles au travers des pages de ce récit. Un récit poignant à souhait, qui ne peut pas laisser indifférent, dans tous les cas. Valentine Goby a su à merveille retransmettre les sentiments de ses personnages, de manière à ce que nous puissions presque nous mettre à leur place. Presque, car malgré cela, on ne saura jamais vraiment ce que c’est que d’endurer de telles souffrances.

Je recommande ce livre à toutes les personnes qui, comme moi, s’intéressent à l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Mais je préfère prévenir : âmes sensibles, s’abstenir ! Car le propos est vraiment très cru : descriptions de blessures en tous genres, de tas de cadavres gisants dans la boue… Des faits, certes, mais qui peuvent néanmoins choquer certains vu la manière dont ils sont présentés.

Un livre qui sait toucher nos émotions, pour comprendre, se souvenir, et surtout, ne jamais oublier.

~ Galinean ~

« La grâce des brigands » – Véronique Ovaldé

gracedesbirgands Brillant !Avant toute chose, je dois avouer que, ayant lu la plupart de ses livres, je suis un véritable fan de Véronique Ovaldé. Ainsi, cette critique sera tout sauf objective, et de toute manière, une critique objective, c’est un peu comme un mauvais Vargas : ça n’existe pas. L’objectivité, c’est ce grand concept creux qui permet surtout à des journaux de faire passer leurs idées politiques sous une neutralité de façade (suivez mon regard). Ainsi, la meilleure critique littéraire qui puisse exister est une critique subjective, ou du moins qui ne fait pas semblant de ne pas l’être, mais qui donne assez d’éléments au lecteur (oui, toi, chéri) pour que celui-ci puisse s’en faire lui-même une idée. Le but du critique n’est pas de rallier le lecteur à sa cause, mais de faire acheter un livre en échange de quelques pots-de-vin de la part de l’éditeur (Non, je blague, mais si un éditeur est intéressé, on peut vous envoyer par mail le numéro d’un compte en Suisse). Le but du critique, disais-je avant d’être lamentablement interrompu par moi-même, est de donner son avis, donc d’avertir le lecteur qu’il manquerait un chef d’œuvre à ne pas lire ce livre, ou au contraire qu’il perdrait de précieuses minutes de vie, voire même une conséquente somme d’argent, à se procurer cette ignoble bouse, tout cela en lui laissant la liberté de décider par lui-même de suivre, ou non, notre divin critique.

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Une place à prendre, J.K. Rowling

Une place à prendreBrillant !Vous allez finir par croire que je pars en croisade pour sauver tous les livres injustement traités par la presse. « Banal » pour les uns, « plein de clichés » pour d’autres, le premier roman « adulte » de J.K. Rowling, Une place à prendre, a eu un accueil plutôt glacial. Ai-je besoin de préciser que beaucoup de critiques ont rédigé leur petite bafouille avant même de l’avoir lu ? J’en veux pour preuve le formidable canular qu’a tendu l’écrivain britannique aux médias cette année, en publiant sous le pseudonyme de Robert Galbraith un roman policier intitulé The Cuckoo’s Calling, ou, en français, L’appel du coucou (sortie chez Grasset le 7 octobre), un roman encensé par la critique (et c’est peu dire, certains ont même comparé ce livre à Chandler ou Agatha Christie)… avant que l’on découvre que l’auteur de ce roman n’était autre que Rowling. Je vous en parlerai dès que je l’aurai lu (cette fois en anglais).

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La madeleine d’Amélie Nothomb

La nostalgie heureuseBrillant !Elle est probablement l’écrivain francophone la plus sous-estimée. La plus injustement méprisée. Il est rare, par exemple, de trouver un professeur de littérature qui « avoue » aimer les livres d’Amélie Nothomb, et à dire vrai je n’en connais qu’une seule. Il est de bon ton, du Nouvel Obs à Libération, de dire : « Amélie Nothomb n’est qu’un phénomène commercial, un personnage médiatique, nous préférons la littérature. » La littérature. Oui, tiens, la littérature. Ceux qui accusent Amélie Nothomb de parler plus d’elle que de ses livres sont les mêmes qui, d’une part, passent des heures d’interviews à lui poser des questions sur elle plutôt que sur ses livres et, d’autre part, abordent rarement le contenu du livre dans des critiques qui tiennent plus du crachat snobinard que de la véritable critique littéraire – résumé, analyse, avis argumenté. Il n’est pas très difficile de dénicher la raison de ce mépris. C’est un mal très français que de mépriser toute œuvre qui dépasserait un certain seuil de vente, ce qui en ferait assurément une œuvre « populaire » et ce n’est pas bien, non, parce qu’on le sait tous, tout ce qui sort de l’aristocratie mediatico-intellectuelle parisienne n’est qu’une masse bêlante, stupide et inéduquée, prête à se jeter comme un troupeau sur tout produit dont elle aurait vu la réclame à la télévision. Il flotte dans l’air comme des relents d’ancien régime. Alors, je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, ni sur l’œuvre que j’ai la prétention de trouver fascinante et profonde. Je laisse France Culture vous le prouver en cinq heures d’émission enregistrées cet été à l’occasion du Marathon des Mots, festival littéraire toulousain. (partie 1partie 2)

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Mots d’excuse illustrés – Les parents écrivent aux enseignants, de Patrice Romain

9782266233057FSMots d’excuse illustrés –
Les parents écrivent aux enseignants
de Patrice Romain
(Editions Pocket)
Octobre 2012
157 pages / 7,20€

Résumé :

Plus attentifs au respect de leur progéniture qu’à celui de l’usage du participe passé, les parents d’élèves n’hésitent pas à dégainer le stylo pour affronter l’ennemi : monsieur le professeur et madame la maîtresse. Et en vingt ans de métier, Patrice Romain en a vu passé, des vertes, des pas mûres, des qui font voir rouge et d’autres rire jaune. Incroyable parfois, mais toujours vrai, ces morceaux choisis sont authentiques, et qu’importe l’orthographe.

Critique :

Ce livre est une petite perle de génie et d’humour. On peut remercier Patrice Romain d’avoir, durant toutes ces années, collectionné les célèbres mots d’excuses que font les parents d’élèves aux professeurs pour expliquer la cause d’un retard ou d’une absence de leur enfant à l’école.

Des contestations de notes aux menaces faites à l’instituteur en passant par les tensions entre élèves, les parents se lâchent et abordent tous les sujets, parfois sans aucune pudeur ni aucune crainte. Qui aurait cru que des parents pouvaient faire autant de fautes dans un écrit aussi court ou au contraire qu’ils faisaient de ces mots d’excuses de vraies œuvres littéraires et épistolaires ?

Après une lecture parsemée de francs fou-rires, je me suis empressée de le mettre entre toutes les mains et je peux vous assurer qu’il a fait l’unanimité. On reste incrédule quant à certaines fautes d’orthographes, effaré devant des confidences gênantes qui n’ont pas lieu d’être de la part d’une mère à un professeur et affligé face à certains comportements (ceux des parents, pas des enfants) vulgaires et agressifs.

Alors si on vous propose un jour de lire Mots d’excuses, n’hésitez surtout pas ! C’est un concentré d’humour dont on ne fait qu’une bouchée.

 

« C’est facile a dire que ma fille était en retard, mais vous n’avez jamais pensé que c’était vous qui êtes en avance ? Parce que j’ai l’heure de la télé ! Vous avez qu’à vous mettre a mon heure et ma fille sera a l’heure, c’est pas plus compliquer ! »

« Johnny n’était pas la samedi matin. C’est bien beau de faire des réformes mais ont ferait mieux de s’attaqué au problème du samedi matin qui emmerde tout le monde, enfin moi en tout cas. En plus il a pas classe tout les samedi j’y comprend rien. Se mot est valable pour l’année.
Merci de votre compréhension. »nj-mots-dexcuse-5

« Monsieur,
Votre version concernant Robespierre le sanguinaire qui serait en fait doux comme un agneau est pour le moins étonnante de la part d’un professeur payé par l’état et soumis au devoir d’obéissance. Je serais curieux d’avoir l’opinion de votre ministre sur ces pratiques pédagogiques pour le moins contestables.
Je compte sur votre honnêteté intellectuelle pour rétablir la vérité conforme aux programmes que vous vous devez d’appliquer.
Salutations. »

 Gaëlle

Ma famille décomposée – Christian Frascella

Ma famille décomposéefamille décomposée
de Christian Frascella
(Editions Fleuve Noir)
Sorti en février 2013
300 pages
19,00€

Résumé :

Marre, il en a marre ! Marre de sa mère qui a fichu le camp avec le type de la station-service, marre de son père à moitié alcoolique qui passe la journée avachi dans son hamac, marre de sa petite sœur bigote… Tour à tour arrogant, tyrannique, provocateur et bagarreur, notre ado rebelle joue les blasés devant les histoires de cœur des autres. Alors fatalement, il fallait bien que ça lui tombe dessus…
Cet ado complexe raconte son histoire, son quotidien, ses désillusions, dans cette Italie de la fin des années 80, avec une ironie et un cynisme irrésistibles !

Critique :

Sept petits suspects, le premier roman traduit en français par les éditions Fleuve noir a été un coup de cœur pour moi. Un an après cette lecture, j’en garde un excellent souvenir. C’est pourquoi il me tardait de lire Ma famille décomposée qui a reçu de nombreux prix en Italie.

On ignore le prénom du protagoniste, on sait juste qu’il est âgé de 17 ans. Sa mère est partie avec le pompiste, sa sœur s’est réfugiée dans la religion et son père enchaîne les bières dans son jardin. Un quotidien difficile pour un adolescent. Il a une façade de gros dur, du genre à se battre, à insulter, à faire preuve de mauvaise volonté. J’ai eu très souvent envie de le remettre à sa place. Mais son comportement est compréhensible et à travers ses airs de gros durs, on perçoit ses faiblesses.

J’ai eu des difficultés à entrer dans l’histoire. Je m’attendais à certaines choses qui ne sont malheureusement pas venues. Il y a des rebondissements certes, mais ils arrivent un peu trop tard. J’aurais apprécié que notre anti-héros se remette plus en question.

Pour conclure, c’est un roman sympathique. Malgré un début que j’ai trouvé long, j’ai apprécié la fin et la tournure des événements. Toutefois, je vous conseillerais plutôt de lire Sept petits suspects qui m’a plus marqué et qui n’est pas assez connu à mon goût.

Cassandre