Terre Noire (tome 1) par Michel Honaker

Terre Noire T1Les exilés du Tsar

par Michel Honaker

Flammarion, 2009

13€

Résumé :

Jeune compositeur, Stepan réjouit par sa musique l’esprit du tsar. Mais tant de succès dérange. Alors. le jeune homme est accusé de complot contre le pouvoir. En Russie, il n’y a pas de place pour les traîtres. Stepan doit quitter ses terres d’Ukraine qu’il chérit tant, le sombre domaine de Terre-Noire ; et abandonner sa seule alliée, Natalia. Très vite, son exil prend la couleur de la haine…

Mon avis :

Je dois vous avouer que lorsque j’ai acheté ce livre au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, je ne m’attendais à rien de particulier. En effet, je n’avais jamais entendu parler de ce roman, que ce soit sur la blogosphère ou ailleurs. Mais finalement, il s’est avéré être pour moi un véritable petit coup de coeur !

Ce qui m’a attirée vers ce livre en premier lieu, c’est sa couverture, que je trouve vraiment superbe, et en même temps assez angoissante. Elle nous intrigue dès le premier regard, et j’ai eu envie d’en savoir plus… Seconde chose : le contexte du récit. Ce dernier se déroule en Russie Impériale, sous le règne du Tsar Alexandre III, à la fin du XIXème siècle. C’est une période qui m’intéresse énormément, et ce depuis très longtemps, alors je peux vous assurer que j’ai été enchantée de retrouver de nombreux éléments historiques disséminés à travers les pages de ce livre. On croise notamment plusieurs personnages historiques réels, dont le Tsar Alexandre III, et également son fils, le jeune tsarévitch Nicolas, futur Tsar Nicolas II…

Le  récit nous est conté par deux narrateurs, Stepan Tchakarov et Natalia Danilova, qui se livrent tour à tour par le biais de lettres et de journaux intimes. Le fait d’avoir ces deux points de vue différents nous permet de mieux appréhender l’histoire de ces deux jeunes gens, presque frère et soeur, qui voient du jour au lendemain leurs vies bouleversées après la mort de leur mère et protectrice, la baronne Danilovna. Cette dernière avait en effet adopté Stepan alors qu’il n’était encore qu’un enfant, et l’a guidé sur sa voie de grand compositeur tout au long de sa jeunesse. Après sa mort, Stepan se voit contraint de fuir Saint-Petersbourg pour échapper au complot monté contre lui par le frère de Natalia, Vollodia, et le beau-frère de celle-ci, Kusak, tous deux jaloux du succès du jeune homme.

C »est une histoire qui est loin d’être joyeuse, je dois bien l’admettre, et certains passages sont particulièrement durs. Mais pour autant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être conquise par l’ambiance du récit, par cette description de la Russie Impériale troublée par des terroristes politiques, par la relation entre Stepan et Natalia… Le tout combiné forme un récit incroyablement captivant, rendu encore plus agréable par l’écriture de son auteur, qui parvient avec brio à osciller entre suspense et poésie.

Pari réussi, en ce qui me concerne, et j’ai maintenant hâte de pouvoir lire le second tome de cette trilogie.

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✭

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Le chant du troll par Pierre Bottero

petitLe Chant du Troll

par Pierre Bottero

illustré par Gilles Francescano

Rageot, 2010

17,50€

Résumé :

Léna est une petite fille discrète, presque invisible… Mais un jour, son environnement bien rangé d’écolière studieuse se retrouve totalement bouleversé : en sortant de chez elle, elle découvre un ciel plein de couleurs, une ville devenue à la fois sauvage et magique, et va devoir se lancer en quête d’une vérité que son esprit se refuse à accepter…

Mon avis :

Je referme tout juste ce livre, et les mots se bousculent dans mon esprit presque trop vite pour que je les écrive. Je vais donc essayer de structurer les très nombreux sentiments et impressions que m’ont inspirés ce livre.

En réalité, je ne devrais pas parler de livre, mais plutôt de chef-d’oeuvre, tant visuel que textuel. Ce récit de Pierre Bottero est une véritable merveille ; d’un bout à l’autre de l’histoire, le lecteur est transporté, comprend peu à peu les tenants et aboutissants du récit. On est tout d’abord émerveillés par la plume si poétique de l’auteur, Pierre Bottero, fidèle à lui-même. Son style d’écriture si particulier, si reconnaissable, est composé de phrases courtes mais si pleines de merveilles et de beauté qu’on s’y plonge entièrement pour n’en ressortir qu’avec regret. Le récit en lui-même, ensuite, est entraînant d’abord : l’univers étrange et coloré intrigue le lecteur, avant de l’emporter plus en avant dans un récit qui devient poignant au point de parfois (même souvent dans mon cas) nous faire verser quelques larmes.

Mais ce livre est également un superbe petit joyau, visuellement parlant : les illustrations sont sublimes, très représentatives des idées véhiculées par le texte. Ensuite, le texte lui-même est présenté avec de très nombreux (et réussis !) effets de typographie : polices qui varient de tailles et de couleurs, couleurs qui s’accordent au texte et aux illustrations, incrustations de textes dans les images… Je tiens à préciser aussi la présence de quelques pages dépliantes destinées presque uniquement aux illustrations, qui dissimulent d’abord la scène avant d’en dévoiler toute sa profondeur et sa beauté une fois dépliée. Trolls, elfes, centaures et diverses plantes merveilleuses se côtoient au fil des pages pour émerveiller le lecteur et lui rappeler que la frontière entre la réalité et l’Imaginaire est peut-être bien plus fine que l’on pourrait le croire…

Une autre petite précision : si vous avez lu les deux trilogies Ewilan, Le Pacte des Marchombres ou encore L’Autre du même auteur, vous trouverez dans ce livre de nombreuses références aux univers de ces trilogies, notamment en ce qui concerne les différentes créatures que l’on croise au fil des pages… Ce livre est aussi, comme on s’en rend compte à la fin, l’histoire de l’un des personnages mineurs de ces sagas.

Je sais que certains pourraient penser que ce livre est plutôt fait pour les enfants, ou les jeunes adolescents. Mais croyez-moi, les thèmes et idées abordés dans cet ouvrage sont adaptés à tous les âges. De plus, manquer un chef-d’oeuvre pareil sous prétexte que l’on est « trop vieux » pour lire ce genre de livre serait à mes yeux un véritable sacrilège. Pour moi, Pierre Bottero reste à ce jour l’un des plus grands auteurs francophones de fantasy.

A bon entendeur…

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✭

Nos étoiles contraires – John Green

Nos étoiles contraires
de John Green
(Editions Nathan)
Sorti en février 2013
282 pages
16,50€

Résumé :
Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Critique :
Ah, John Green… Que dire sur lui à part que c’est l’un de mes auteurs préférés ? Cela fait quatre années que j’ai lu Qui es-tu Alaska ? Pourtant, je m’en rappelle encore totalement, comme si c’était hier. Ce roman m’avait ébranlée. J’ai aussi lu Le théorème des Katherine, un roman très drôle et qui m’avait plu. Lorsque j’ai appris que les éditions Nathan allaient l’éditer, j’ai sauté de joie, réellement. J’avais hâte de le lire et je les remercie énormément pour cet envoi !

Dès le début, on sait qu’elle a un cancer et que ses poumons sont hors-service. Elle se déplace partout avec sa bonbonne à oxygène, trop encombrante pour une jeune fille rendue si frêle par la maladie. Elle a seize ans et suit quelques cours à l’université. Le reste du temps, elle est seule, souvent dans sa chambre ou devant la télévision. Sa mère, qui la pense dépressive, décide de l’inscrire contre son gré à un groupe de soutien pour enfants cancéreux. Elle y rencontre Isaac, un garçon de son âge qui a perdu un œil à cause de la maladie et à qui on va bientôt retirer le second… Il est accompagné à ce groupe de soutien par Augustus Waters, un garçon de dix-sept ans, beau et musclé. On pourrait tomber dans le cliché du beau garçon qui va s’intéresser à la fille malade mais non, ce n’est pas ça du tout. Augustus est unijambiste, à cause d’un cancer dont il est en rémission depuis 1 an et demi. Le garçon tombe amoureux de Hazel mais elle, elle ne peut pas s’autoriser à l’aimer car elle se sait condamnée. Commence alors une histoire d’amour impossible entre une fille qui va mourir et un garçon qui sort de la mort.

Seulement, Nos étoiles contraires est bien plus qu’une histoire d’amour impossible. Les personnages sont captivants. Hazel est intelligente, réfléchie, elle a la tête sur les épaules, n’hésite pas à se rebeller quand il le faut, je me suis beaucoup attachée à elle. Augustus m’a énormément touchée. Pour moi, c’est un héros, ce qu’il fait est remarquable. Les deux parlent de la maladie avec beaucoup d’humour. Ce roman n’est pas fait pour nous faire pleurer sur la maladie. Non et triple non ! Oui j’en ai pleuré et ce sera certainement le cas de presque tous les lecteurs mais j’ai aussi ri. Car on passe des larmes au rire (l’inversion de l’expression est volontaire de ma part).

Nos étoiles contraires est un magnifique voyage. Il m’a donné envie de profiter au maximum de la vie et il me la fait aimer davantage. John Green a un immense talent. Il comprend les adolescents comme aucun autre auteur ne le fait. Sa plume est magnifique. Quand je lis cet auteur, je suis subjuguée. Il n’y a pas de tabous dans ses livres, pas de descriptions embellies et/ou exagérées, rien de « trop beau pour être vrai ». Une fois de plus, non ! John Green parle de la vie et de la mort, de l’amour, de l’amitié, des premières expériences, de la maladie, la souffrance, et de tant d’autres choses ! Et il le fait avec un réalisme bluffant.

Je ressors de cette lecture sonnée. Le mot « coup de cœur » est insuffisant pour vous dire combien je l’ai aimé. Je n’avais pas de livre préféré mais là, je crois que je l’ai trouvé.
Un livre à ne surtout pas manquer !

Cassandre

« Il arrive qu’à la lecture de certains livres on soit pris d’un prosélytisme étrange, tout à coup persuadé que le monde ne pourra tourner rond que lorsque tous les êtres humains jusqu’au dernier auront lu le livre en question. »

A lire : L’avis de la Cerise Verte

 

Wonder – R. J. Palacio

wonder

Wonder
de R. J. Palacio
(Editions Fleuve Noir et PKJ)
Sorti en janvier 2013
420 pages
17,90€

Résumé :

August Pullman, dit Auggie, connaît presque toutes les joies d’un garçon de son âge. À dix ans, il fait du vélo, joue à la DS et adore Halloween. Parce que c’est à peu près le seul jour de l’année ou il se sent normal. Atteint d’une terrible malformation faciale depuis la naissance, il se cache alors sous un gros casque de cosmonaute et oublie, pendant une soirée, qu’il fait peur à tout le monde le reste du temps.
Protégé autant que possible par sa famille aimante, scolarisé à domicile, Auggie voit soudain son petit cocon éclater : ses parents ont décidé qu’il était temps pour lui d’intégrer le collège pour de vrai. Mais malgré son humour décapant, Auggie ne laisse personne indifférent : il dérange et met mal à l’aise.
Le monde des enfants et des adultes ordinaires réussira-t-il à faire une place à ce garçon à la fois si semblable aux autres et si différent ?

Critique :

 En lisant le résumé, j’ai compris que ce livre était pour moi. Non pas que je me sente spécialement concernée, de près ou de loin. J’avais très envie de découvrir Wonder et je savais que je ne serai pas déçue.
Wonder -> R.  J. Palacio
August (ou Auggie) est un garçon de 10 ans. Tout est normal chez lui, sauf son visage. Il est né avec de multiples malformations et, malgré les opérations, son visage reste très difforme. Les personnes qui ne le connaissent pas sont souvent très choquées en le voyant. Mais voilà, Auggie ne peut pas rester indéfiniment scolarisé à la maison. Ses parents l’inscrivent donc dans un collège très réputé, où il entrera en 6ème.

Je suis entrée dans l’histoire dès les premières lignes. Auggie se sait différent, il comprend très bien ce qu’il lui arrive et l’effet qu’il produit sur les inconnus qui le regardent. Il redoute cette rentrée, lui qui n’est jamais allé à l’école et qui va devoir faire face à un collège entier, rempli d’inconnus. C’est très dur, mais il se montre courageux et relève le défi. Comme on peut s’y attendre, rien ne sera facile.

August est un garçon courageux. Il est tout simplement adorable. On a qu’une envie : le connaître ! Certaines réactions des personnages de ce roman m’ont profondément choquée. Il y a vraiment des comportements scandaleux, et ils ne viennent pas que des enfants. Je ne sais pas moi-même, quelle réaction j’aurai si je croisais August dans la rue. Je serai certainement surprise, c’est une réaction qu’on ne peut contrôler. Wonder est en quelque sorte, une remise en question. Peut-on juger quelqu’un juste à son visage ?

Wonder est tout simplement magnifique. Certains passages m’ont ému au plus haut point. Ce roman est tendre et poignant. Cela faisait longtemps que je n’avais pas tourné les pages aussi vite. Oui, Wonder fait pleurer mais il fait aussi beaucoup rire !
Aussi étrange que cela puisse être, Wonder est un roman d’une immense beauté. On ne peut qu’en sortir transformé.

Un livre pour les enfants, mais aussi (et surtout) pour les adultes ! Ne passez pas à côté de cette merveille !

  Cassandre

Dark Eyes – William Richter

Dark Eyes
de William Richter
(Editions Albin Michel)
Sorti en janvier 2013
336 pages
15€

Résumé :

Née en Russie, Wally a été adoptée enfant par une riche famille new-yorkaise. Aujourd’hui l’adolescente de 16 ans, rebelle et futée a coupé les ponts avec sa famille et vit dans les rues de New York de larcins divers. En tombant par hasard sur des documents ayant trait à ses origines, Wally éveille l’attention d’un homme sans foi ni loi réputé pour sa sauvagerie : Alexei Klesko, un truand russe sur le chemin duquel les cadavres s’amoncellent. Le seul coup d avance qu’a Wally est un détail d’importance : l’homme ignore qu’il est son père…

Critique :

-Wallis (ou Wally) est une adolescente de seize ans. Elle a passé plusieurs années dans un orphelinat russe, avant d’être adoptée par un riche couple américain. Seulement, Wally est trop rebelle, elle ne se plie pas aux règles. Elle décide donc de partir et de vivre dans la rue. Son habitat deviendra une banque désaffectée, qu’elle partagera avec trois adolescents de son âge. Ils vivent assez bien malgré tout et forment un groupe d’amis très soudés. Cependant, une enveloppe mystérieuse contenant une lettre de sa mère biologique et quelques documents va lui être remise. Wally part à la recherche de Yalena, sa mère. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que Klesko, son père, a le même objectif que Wally : la trouver au plus vite. Sauf qu’il n’a pas les mêmes raisons…

Passons maintenant à mes impressions. L’histoire démarre au quart de tour. Dès les premières pages, on se sent happé par le récit. L’action est très présente et les rebondissements sont nombreux. J’ai eu la crainte de découvrir la chute du livre bien avant de l’avoir terminé et je me suis bien trompée. En effet, on va de surprise en surprise et il y a beaucoup de retournements de situation. La fin était totalement inattendue et imprévisible. J’en suis tombée des nues !

Concernant les personnages, je dois dire que Wally est courageuse. Elle est pleine de ressources et ne lâchera jamais l’affaire. Elle refuse de rester passive et d’attendre. Elle est mature et intelligente et, même si le fait de retrouver sa mère l’obsède, elle est protectrice envers sa bande, elle veut toujours leur faire plaisir et éviter de les mêler à ses problèmes. Elle est honnête et sait reconnaître ses torts.

Même si ce livre vise les adolescents en priorité, je trouve qu’on peut le lire à l’âge adulte, sans s’ennuyer. Ce n’est pas le genre de livre où tout est bien qui finit bien. Je veux dire, ce n’est pas la classique fin «les méchants meurent et les gentils finissent tous heureux ». Le récit est assez tragique par moments et c’est ce que j’ai aimé : cela rend l’histoire plausible et réaliste.

Pour conclure, j’ai passé un bon moment avec Dark Eyes. Je ne me suis pas ennuyée et j’allais de surprise en surprise, bouche bée. Je n’ai pas vu les pages tourner, c’est le moins qu’on puisse dire ! Une suite est prévue mais sera centrée sur un autre personnage de l’histoire. Je le conseille à partir de 14 ou 15 ans car certaines scènes peuvent heurter la sensibilité du lecteur. En revanche, pas de limite d’âge maximum, je pense réellement qu’on peut l’apprécier à l’âge adulte.

 Cassandre

Ma soeur vit sur la cheminée d’Annabel Pitcher

Ma soeur vit sur la cheminée 
de Annabel Pitcher
(Editions Pocket et PKJ)
Paru en octobre 2012
224 pages
6,70€

Résumé :

Cinq ans après le décès de la grande sœur de Jamie dans un attentat terroriste, la famille Matthew déménage dans la région des grands Lacs : il leur fallait un nouveau départ. Pourtant, Jamie se rend bien compte que seul le chat Roger a l’air heureux dans leur nouvelle maison. Lui, qui ne se souvient pas de sa sœur vivante – il était encore petit lorsqu’elle est morte – voudrait bien que sa maman revienne (elle est partie avec Le Monsieur d’Aide aux Victimes), que son papa ne se mette pas en colère, et que son autre sœur sourie. Aidé par sa seule amie dans sa nouvelle école, Sunya (qu’il doit garder secrète car elle est musulmane), Jamie va mettre au point des plans pour réunir sa famille…

Critique :

Jamie est sur le point de fêter ses dix ans. Il part vivre dans une maison, reculée de Londres, avec son père et sa sœur Jas, quinze ans. C’est une famille dévastée car, cinq ans plus tôt, Rose, la jumelle de Jas a été victime d’une attaque terroriste. La mère, bouleversée, s’est réfugiée dans les bras d’un autre homme et ne donne aucune nouvelle et laisse son mari et ses enfants anéantis.

La couverture de ce roman est bien trompeuse. A première vue, on pourrait s’attendre à un livre assez « enfantin » voire même à un livre humoristique. Oui il y a de l’humour mais ce livre est très sérieux. Jamie est encore jeune pour réellement comprendre ce qu’il se passe autour de lui. Il est mature mais garde tout de même l’esprit d’un enfant de son âge. Jasmine m’a émue. C’est une adolescente un peu rebelle mais qui souffre énormément.

J’ai été profondément touchée par cette histoire. Annabel Pitcher aborde des thèmes difficiles tels que la mort, le terrorisme, l’intégration ou encore le racisme. J’étais de plus en plus bouleversée par ce récit.

Ma sœur vit sur la cheminée est un livre plein d’espoir mais qui n’est pas « trop beau pour être vrai ». Malgré le drame survenu, le récit est particulièrement centré sur Jamie et Jas, des enfants livrés à eux-mêmes. Cependant, on ne tombe pas dans le pathos ni dans le « larmoyant ».

Pour conclure, ce roman m’a énormément plu. C’est un condensé d’émotions et d’espoir !

Cassandre

Le trailer :

Clairvoyance d’Amélie Sarn

Clairvoyance
d’Amélie Sarn
(Editions J’ai lu)
Paru en novembre 2012
219 pages
12,00€

Résumé :

Après le divorce de ses parents, Emma déménage avec sa mère à Mondeleau, petite ville apparemment sans histoire.

La jeune fille se fait des amis et investit peu à peu sa nouvelle chambre.

Tout semble parfait, mais ses nuits sont agitées de rêves étranges…

Critique:

Clairvoyance, c’est l’histoire d’Emma, quinze ans. Son père quitte subitement sa mère car il aime une autre femme. La mère et la fille quittent alors la ville et emménagent  dans une maison à Mondeleau, petite ville du sud de la France. Emma intègre un nouveau lycée, se fait des amis et ne tarde pas à découvrir que quelque chose d’effroyable s’est produit dans leur nouvelle demeure…

J’avais hâte de lire ce roman. Le côté esthétique me plaisait énormément : très belle couverture, un format semi-poche avec un rabat, j’adore ! Le résumé m’attirait lui aussi beaucoup.

Il s’agit d’un thriller Young Adult (pour les 15-25 ans), un peu paranormal. Emma est assez obstinée par le secret que cache sa maison. Elle fera tout son possible pour découvrir la vérité, quitte à baver les dangers ! L’intrigue est plutôt bien menée, je dois dire. J’étais assez perdue parmi la liste de suspects.

Le gros point fort de ce livre, c’est son ambiance.  Elle devient pesante et angoissante, ce qui fait qu’on ne peut que lire le livre d’une traite pour enfin, connaître le dénouement.

Clairvoyance est un livre que j’ai aimé, il se lit vite et l’histoire m’a captivée. J’ai hâte de lire d’autres ouvrages d’Amélie Sarn !

Cassandre

Inventaire après rupture de Daniel Handler

Inventaire après rupture
de Daniel Handler
(Editions Nathan)
Sorti en août 2012
368 pages
18,50€

Résumé :
« Je t’explique pourquoi nous avons rompu, Ed ; toute la vérité sur ce qui s’est passé. La vérité, c’est que je t’aimais trop. »

« Dans un instant, tu entendras un ‘paf’ « . Ainsi commence la lettre de Min. Le « paf », c’est le bruit du carton qu’elle laisse devant la porte d’Ed. Dans ce carton plusieurs objets, et la lettre de Min.

Une lettre qui raconte pourquoi elle l’a quitté. Une lettre qui commente chacun de ces objets, et évoque tous les petits et grands moments de leur histoire d’amour.
Comment Min, cinéphile passionnée, et Ed, capitaine de l’équipe de basket, se sont séduits, à une soirée, contre toute attente.
Comment ils se sont lancés dans le projet improbable d’organiser une fête pour une ancienne star de cinéma. Comment ils se sont aimés.
Et comment un jour, la vérité a éclaté, menant Mina à son implacable décision…

Critique :
Il y a différentes façons pour un livre, de vous tenter. Il y a ceux dont vous entendez tellement de bien, que vous avez une grande envie de le lire, ceux qui ont une jolie couverture et surtout, ceux dont vous savez, à la première vue, qu’ils sont pour vous. Inventaire après rupture fait partie de cette dernière catégorie. J’avais une énorme envie de le lire et je l’attendais avec impatience.

Inventaire après rupture porte bien son nom. Le roman parle d’une rupture, racontée par Min, une lycéenne très portée sur le cinéma et qui souhaite devenir réalisatrice. Elle sortait avec Ed, le co-capitaine d’une équipe de basket, un tombeur de filles. L’originalité du livre est dans sa présentation et dans son écriture. Le roman est en fait une lettre géante que Min écrit à Ed. Cette lettre est accompagnée d’un gros carton, contenant tous les objets qui les ont liés. Cela peut être un ticket de cinéma, un élastique, une veste,… D’ailleurs, la lettre est découpée en chapitre, chacun débuté par une superbe illustration de l’objet dont Min va parler. Cette forme de texte est vraiment une bonne idée et c’est plaisant à lire.

Ce que j’ai également apprécié, c’est le fait qu’on aborde une rupture, cela est rarement un sujet principal d’un roman et les auteurs ont tendance à passer rapidement dessus contrairement à Daniel Handler qui rentre en plein dedans sans tomber dans le pathos. Les personnages ne sont pas mièvres et l’histoire est tout à fait plausible. Sauf, peut-être, le fait que le beau basketteur en pince pour la cinéphile discrète. Et dans le fond, ce n’est pas plus mal car cela permet de s’intéresser à l’expression « les contraires s’attirent » et à tenter de la comprendre.

Daniel Handler (ou Lemony Snicket si vous préférez) est un auteur que je ne connaissais pas et dont je suis ravie d’avoir lu. On découvre petit à petit la raison de leur rupture et nos sentiments envers Ed changent du tout au tout. La fin est assez ouverte et c’est un peu à vous d’imaginer ce qu’il va advenir. Je le recommande plutôt aux lycéens, le cinéma est très présent et cela pourrait rebuter les plus jeunes.

Cassandre

« Tu sais, on nous dit toujours, dans ces brochures qu’on nous distribue, confiez-vous à vos parents, à un pasteur, à un prêtre, un professeur attentif, un ami. L’ennui est que, sur cette liste, personne n’est éligible : les parents font partie du problème; le prof répondra « Il y a des sujets que je ne suis pas autorisé à aborder avec un élève; la plupart des copains auront vite fait de cafter auprès d’autres copains, et l’homme d’église dans l’oreille de Dieu. »

Phaenix tome 1 : Les Cendres de l’Oubli de Carina Rozenfeld

ImagePhaenix : Les Cendres de l’Oubli
Tome 1
de Carina Rozenfeld
(Editions Robert Laffont)
Collection R
Sorti en septembre 2012
432 pages
17,90 €

Résumé :
Elle a 18 ans, il en a 20. À eux deux ils forment le Phænix, l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Mais avant de le devenir, ils devront se retrouver et s’unir dans un amour pur et éternel…

Depuis l’origine du monde, le Phænix meurt et renaît perpétuellement de ses cendres. L’être fabuleux est constitué de deux âmes sœurs. À chacune de ses résurrections, ses deux moitiés doivent se retrouver et s’aimer pour reformer l’oiseau légendaire. Car lui seul a le pouvoir d’éloigner les menaces qui pèsent sur l’humanité. Malheureusement, les deux amants ont été séparés et l’oubli de leurs vies antérieures les empêche d’être réunis…
Aujourd’hui, dans le Sud de la France. Anaïa a bientôt dix-huit ans. Elle a déménagé en Provence avec ses parents et y commence sa première année d’université. Passionnée de musique et de théâtre, Anaïa mène une existence normale. Jusqu’à cette étrange série de rêves troublants dans lesquels un jeune homme lui parle et cette mystérieuse apparition de grains de beauté au creux de sa main gauche. Plus étrange encore : deux garçons se comportent comme s’ils la connaissaient depuis toujours…
Bouleversée par ces événements, Anaïa devra démêler le vrai du faux, comprendre qui elle est vraiment et qui saura la compléter. Elle devra souffler sur les braises mourantes de sa mémoire millénaire pour redevenir elle-même. S’ouvriront alors les portes d’une nouvelle réalité dans laquelle amour et fantastique sont étroitement liés.

Critique :
La collection R de Robert Laffont me plaisant beaucoup, je ne pouvais que lire ce titre.

Parlons déjà de la couverture et de la typographie. Je les trouve magnifiques, rares sont les éditeurs qui prennent autant soin de leurs couvertures. De plus, celle-ci colle bien avec le thème du livre qui est le Phoenix, l’oiseau mythique. On a la sensation que le modèle est prêt à se transformer et à prendre son envol. Alors pourquoi « Phaenix » et non pas « Phoenix » me direz-vous ? Hélas, je ne peux rien dire là-dessus, juste que ce titre est symbolique et va prendre son sens au fil de votre lecture.

Et précisément, de quoi parle ce livre ? Tout commence par un déménagement, celui d’Anaïa, dix-sept ans. titulaire du Baccalauréat, c’est avec ses parents qu’elle s’installe dans le Var à la fois pour ses études en Fac, plus exactement dans la littérature et le théâtre, mais aussi parce que ses parents comptent ouvrir des chambres d’hôtes. La jeune fille connaît assez bien la région pour y avoir passer un grand nombre de ses étés. C’est avec une joie non feinte qu’elle retrouve Garance, une amie d’enfance lors de sa rentrée.

Je me suis très vite identifiée à Anaïa, de nature timide, elle a du mal à exprimer ses sentiments et n’aime pas être au centre de l’attention. Elle joue régulièrement du violoncelle, instrument où elle excelle. Carina Rozenfeld a d’ailleurs tenu à nous faire partager une Playlist mêlant classique et rock et cette étrange combinaison de morceaux m’a énormément plu, aujourd’hui encore, je les écoute !

On s’imagine très bien les décors varois, c’est un plaisir que l’histoire se déroule en France et ailleurs qu’à Paris. Je peux également vous dire que l’histoire est rythmée, elle démarre assez lentement pour bien décrire notre héroïne, son arrivée dans le sud, ses passions… D’ailleurs, à chaque fin de chapitre, on a le droit à l’un de ses statuts Facebook ou à un message privé par exemple. Cela nous apprend à mieux la connaître et cela la rend très crédible à nos yeux. Elle n’est pas parfaite ni invincible, elle est comme nous. Tout s’accélère lorsqu’Anaïa fait des cauchemars et que d’étranges événements se produisent…

Malgré un début un peu long, l’histoire m’a beaucoup plu et j’ai été très étonnée de la lire si vite. Les personnages masculins sont différents et ont chacun un certain charme. Le thème principal (le Phoenix) est surtout abordé vers la fin du roman mais c’est un excellent sujet et je suis persuadée qu’il sera bien développé dans les tomes suivants. Vous vous doutez donc que je suis impatiente de lire la suite qui promet beaucoup d’action et de rebondissements mais aussi des réponses à toutes les questions que suscite la fin !
Cassandre

« Mais il y a toujours un mais, sinon la vie serait affligeante d’ennui, n’est-ce pas ? »

« Il donnait soudainement l’impression d’être un autre, une personne différente, plus âgée, terriblement âgée, pétrie de douleurs et de joies, de souvenirs immémoriaux qui s’inscrivaient sur les traits de son visage que je découvrais, à cet instant, parfait. »

L’échange de Brenna Yovanoff


L’échange
de Brenna Yovanoff
(Editions Michel Lafon)
Sorti en septembre 2012
330 pages
15,95€

Résumé:
Mackie Doyle donnerait n’importe quoi pour avoir une vie normale, jouer de la basse et passer du temps avec la fille solitaire aux yeux pailletés. Mais la petite ville de Gentry cache de sombres secrets. Il y a seize ans, Mackie a été échangé contre un nouveau-né : il est un « remplaçant ». Il vient en fait d’un monde terrifiant où d’obscurs tunnels côtoient des eaux noires et pestilentielles.

Lorsque ceux qu’il aime sont menacés, Mackie n’a pas le choix : il doit affronter les créatures des entrailles de Gentry. Un combat à mort pour trouver enfin sa place, dans notre monde… ou dans le leur.

Méfiez-vous, tout le monde est échangeable.

Critique :
J’avais acheté ce roman en VO mais ne l’ai pas lu car il était d’un niveau d’anglais trop élevé pour moi. J’ai eu la chance de le recevoir en français et j’en profite pour remercier Camille et les éditions Michel Lafon.

Ce qui me plaisait au début, c’était le fait que le personnage principal soit un garçon. C’est rare en Young Adult et cela est bien dommage. La couverture m’a tapé dans l’œil et j’ai eu un bon pressentiment en lisant la quatrième de couverture. Un autre point à mes yeux génial : c’est un one-shot. En clair, il n’y aura pas de suite et j’en suis heureuse. Je n’aime pas les séries à rallonge…

Place à l’histoire, Mackie a seize ans, les cheveux clairs, les yeux d’un noir intense, pas spécialement beau et pas très causant. Au début, il est plutôt décrit comme un personnage discret et à part. Il ne supporte pas le sang ni l’inox et a d’autres particularités que vous découvrirez au fil de votre lecture. Son problème ? Il a été échangé à la naissance et n’est pas totalement humain. Il est un « monstre » et ne sait rien de ses véritables origines. Lorsque la jeune sœur d’une fille de son lycée est tuée, tout est bouleversé…

L’histoire sort des sentiers battus. On ne sait pas ce qu’il se passe, pourquoi des enfants sont enlevés et tués, qui est Mackie et surtout d’où vient-il ? Tout est étrange, la ville de Gentry en elle-même semble coupée de tout. On n’a strictement aucune idée de l’endroit où l’auteure souhaite nous emmener. J’ai donc découvert, chapitre après chapitre, ce qu’il en était vraiment.

Outre l’histoire, j’ai apprécié ce roman pour son ambiance. Celle-ci m’a épatée, je me sentais transportée dans un lieu étrange, glauque et lugubre. J’imaginais la ville en plein automne rude et sinistre. De quoi me faire frissonner !

Mackie est un personnage qui se cherche niveau sentiments. On le sent hésitant et quelque peu immature à ce niveau mais heureusement, il gagne en maturité en avançant dans l’histoire. En règle générale il ne se laisse pas faire et va au bout de ses convictions. Les personnages secondaires m’ont plu seulement, ils ne sont pas assez creusés, j’aurais souhaité en apprendre davantage sur eux mais je comprends la difficulté de l’auteure étant donné que ce livre n’est qu’en un seul tome.

Ce n’est pas un coup de cœur peut-être à cause du manque de détails des explications qui sont un peu disséminés tout au long du roman. On s’y retrouve mais j’aurais apprécié que ce soit plus approfondi. L’ambiance m’a vraiment marquée, c’est un livre idéal pour vos froides soirées et dont l’originalité vous plaira !
Cassandre