Hey babe, he’s got his eye on you !

utltimex-artistes_mPlus fort que le rejeton de King Kong et Godzilla, plus macho qu’un supporter de foot plein de bière, plus classe que Clooney dans Ocean’s eleven, plus con et raciste qu’un redneck du Kentucky (je pourrais continuer comme ça pendant des heures)… voici Ultimex dans un nouvel épisode de ses aventures, qui mêlent agréablement l’action et l’humour pour les incorporer dans la dure réalité de ces sales bobos d’ artistes.

Non, plus sérieusement. Si tu crois savoir ce qu’est l’humour noir, sans jamais avoir lu sur Ultimex, tu t’es planté, et pas qu’un peu.

Présentons un peu le personnage : Ultimex est un globe oculaire géant sur un corps humain. Déjà, quelque chose cloche les mecs, mais passons. Ultimex est un globe oculaire géant sur un corps humain, qui porte des costards, travaille comme courtier dans une banque et passe ses soirées à humilier les gens qu’il juge insignifiants en compagnie de son acolyte et fidèle bras-droit à la sexualité bancale, j’ai nommé Steve ! Bref, jusque là rien de très accrocheur, on suit juste deux beaux connards avec un max de thunes.

Là où ça se complique, c’est que si on me demande un jour de décrire Ultimex à l’aide d’une seule de ses répliques, j’hésiterais toujours entre « je ne vais pas tarder parce que demain je travaille tôt et aussi je dois nourrir le crime », « ça va, j’ai pas fait exprès de lui marcher sur le nez à ta copine » après un incident en boite, ou bien, alors qu’un jolie demoiselle jouit en criant son nom : « ah ben comme ça c’est pratique, je risque pas d’oublier comment je m’appelle »… Evidemment, j’ai soigneusement omis toutes les répliques faussement racistes, homophobe et globalement très Front National, mais véritablement hilarante du chef-d’oeuvre de GAD.

Alors, pour faire court, ses aventures commencent sur les chapeaux de roues : Ultimex s’incruste à une soirée de potes de Steve, qui sont des « artistes ». Après avoir balancé quelques « poncifs de gauche » du genre « la pollution c’est pas cool », notre globe oculaires préféré se rend compte que les artistes veulent en fait mettre la main sur la fortune de Steve (et il tombe amoureux, accessoirement, d’une jeune cinéaste). Après quelques essais minable sur terre glaise, Ultimex se déclare artiste à son tour, et apte à exposer ses oeuvres pour contrecarrer le plan des escrocs. Cependant, son arrogance naturelle et sa chance inouïe ne vont pas lui apporter que des amis.

Alors voilà, le plus simple pour savoir si tu vas aimer est encore d’aller vérifier par toi-même sur le blog de (http://ultimex.over-blog.com/). Le principe est simple, toute la saga d’Ultimex est disponible initialement (et gratuitement) sur ce blog, et parfois, quelques-uns des meilleurs épisodes sont sélectionnés par des éditions sympas et déjantés (WARUM, Lapin) pour une sortie papier. Tu achètes, tu n’achètes pas, je m’en fous, va juste jeter un oeil, je suis sur que tu finiras par décocher un (petit) sourire aux pantalonnades ultimexiennes.

Ultimex : les artistes, GAD, les éditions Lapin

(acheter sur leslibraires.fr, groupement de libraires indépendants)

Antoine Bot

Astérix chez les Pictes – L’album de la renaissance ?

AstérixAstérix chez les Pictes

 

Jean-Yves Ferri : Scénario –  Didier Conrad : Dessinateur – Collaboration d’Albert Uderzo – 25 octobre 2013 – Édition Albert René

Il est là, il est tout beau, il est tout neuf, par Toutatis, le nouveau Astérix est dans les bacs !
Après le ratage complet, et je reste polie, du le ciel lui tombe sur la tête en 2005, nous avons enfin le droit à un nouvel album !

Uderzo l’a dit, il veut qu’Astérix lui survive. C’est pourquoi cet album est signé Ferri et Conrad, en qui on peut avoir relativement confiance, au vu de leur passé professionnel assez sympathique: Le retour à la Terre pour l’un et Tigresse Blanche , entre autre, pour le second.

Mais est il possible de passer après le duo magique Uderzo-Goscinny, ce dernier nous ayant quitté bien trop tôt, comme beaucoup d’autre auteur de bande dessinée. Je pense évidemment à Hergé, Franquin et autre Charles de Gaulle (comment ça c’est pas une autobiographie De Gaulle à La plage ?)

Je vais vous le dire sans détour: Oui.

Résumé :

Pour leur retour, Astérix et Obélix voyagent dans l’actuelle Écosse. Désopilante, l’aventure gauloise est menée par un duo d’auteurs inédit dopé à la potion magique. Port du kilt recommandé.

Ce que j’en pense :

Oh que ça fait du bien ! Cela faisait longtemps qu’on avait pas vu notre petit gaulois favori en forme,  depuis Astérix et Latraviata en 2OO1 en fait.

Les deux nouveaux auteurs, sous l’aile d’Uderzo, ont bien mené la barque. On lit avec plaisir cette nouvelle aventure, et on se dit qu’Astérix a encore un bel avenir devant lui.
Graphiquement, le dessin original est très respecté et le changement d’auteur n’est pas flagrant pour un sou. Conrad s’en sort avec les honneurs et malgré quelques cases où les personnages ont des têtes parfois un peu bizarre, il a très bien réussi à s’approprier l’album.

Au niveau du scénario, un schéma simple mais efficace ! Une contrée inconnue où nos héros se rendront pour aider leur nouvel ami le Picte. Après l’Espagne, L’Angleterre et aussi la Corse, nous découvrons cette fois l’Écosse, au temps de la suprématie de César, en compagnie de nos héros.

La double niveau de lecture revient timidement mais surement, ce qui ravira petit et grand. Les jeux de mots sont drôles et on peut même voir une légère critique de la politique actuelle !

J’ai vu que certain reprochaient à cette album d’être trop timoré voir naïf, et aux auteurs de ne pas avoir assez imposés leur style.
HUM HUM ! Dois je rappeler que nous parlons d’Astérix ? La BD la plus vendue au monde ? Il est TOUT, sauf aisé de passer après Môssieur Uderzo et Môssieur Goscinny. C’est là qu’est le tour de force de Conrad et Ferri. Quand bien même ils ont été aidé par Albert Uderzo, cet album, pour un premier, est vraiment bien; et ça, ça force le respect.
Laissons leur le temps d’un peu s’émanciper et s’approprier les personnages, sans le voler à qui de droit, et en respectant ces mythiques auteurs originaux. Mieux vaut y aller doucement, que de nous faire un second volet avec des Martiens et du gros WTF à toutes les pages. Manquerait plus qu’ils nous rajoute des Licornes.
Un album d’Astérix, ça se travaille, ça se mûrit. Et Astérix chez les Pictes est une bien belle récolte.

Conclusion:

Vous l’aurez compris, j’ai aimé cet album. Nous sommes bien sur loin de l’âge d’or des Gaulois, mais comparons le comparable. Pour une premiére fois, et pour passer après Goscinny et Uderzo, le nouveau duo d’auteur a fait un très beau travail. Ce nouvel album est beau, ce nouvel album est drôle, ce nouvel album est à lire.
Je pense qu’Uderzo laisse son personnage entre de bonnes mains, et je ne doute pas que, dans les années à venir, on aura le droit à du très grand Astérix.

-Wiiseko-

Mon avis : ✭✭✭✭✩

Acheter sur leslibraires.fr

Bascule du côté obscur de la force

La guerre du retour contre-attaque

lgdrca1  lgdrca2Thierry Vivien – Janvier 2012 et mai 2013 – édition Jungle !

Après le ratage de Bang et son Gang, je continue sur ma lancée des chroniques blog-BD comme promis.
Je m’attaque aujourd’hui aux deux premiers tomes de La guerre du retour contre attaque, tirés du Yodablog. Celui-ci regroupe, sous forme de webcomics, des illustrations de Star Wars, que l’auteur revisite avec un humour efficace et irrévérencieux.

Fort du succès du blog -pas loin de 9000 visiteurs par jour, rien que ça- , les éditions Jungle ! décident d’en publier un premier recueil. Puis un deuxième. Celui de trop, ou encore trop peu ?

Résumé :

(tome 1)

Plébiscitée depuis de nombreuses années par l’ensemble des organismes à vocation sanitaire …

Cette enthousiasmante introduction à la science-fiction contemporaine a fait l’objet d’une adaptation cinématographique plus de trente ans avant sa création.

C’est limite incroyable.
(tome 2)

Point d’orgue du dernier chapitre de la série, ce volume en constitue la suite et fait figure d’introduction au premier volet.
C’est fondamental comme conclusion.

Ce que j’en pense :

Entre les couvertures et les résumés qui se moquent joyeusement de la saga, la couleur est directement annoncée.

Ce recueil nous présente de nombreux gags, souvent en une page, qui désacralisent cette grande série de science fiction qu’est Star Wars.

Et c’est avec délectation qu’on y assiste.

Reprenant certaines scènes cultes, ou se servant d’éléments plus secondaires, Thierry Vivien met une gentille claque à l’univers.

« je suis ton père, j’en mettrais ma main à couper » Dark Vador.

On retrouvera dans le livre, tout les personnages qui ont pu apparaître dans les films, et c’est avec plaisir qu’on les voit se faire ridiculiser. Luke Skywalker, la Princesse Leia, les robots, Yoda, les stormtrooper, etc. Aucun protagoniste n’est épargné, tous sont un peu idiots, pervers, mais surtout à mourir de rire. Les caméos sont aussi de mises. Ainsi, ne vous étonnez pas de la visite, dans certaines pages, du fameux capitaine Spock, du Klu Klux Klan, de Panoramix ou même d’Hitler ! L’auteur ne se refuse rien, et il le fait bien ! Car loin de se contenter de raconter des anecdotes très premier degré, on assiste aussi à des gags teintés d’ironie.

Irrévérencieux et décapant, ils sont tous très efficaces, et les fausses notes se comptent sur les doigts d’une main.

Le style graphique sert très bien la cause. Bien reconnaissables, les héros ont tous l’air plus ahuris les uns que les autres. Fini l’impressionnant et frigide Dark Vador ou encore l’inquiétant et ridé empereur. On ne les prends pas au sérieux une seule seconde, et c’est bien le but. On pourrait juste regretter les décors un peu vides (voir inexistants) et les visages parfois inexpressifs et un peu trop similaires.

Petite frustration aussi. L’univers de Star Wars est gigantesque et extrêmement bien foutu, il faut le dire, avec de nombreuses planètes et races qui ont toutes leurs propres caractéristiques. Or l’auteur se limite parfois trop aux mêmes cadres et aux mêmes running gags. Comme celui de la main coupée de Luke. Ça fonctionne auprès de moi, car la blague arrive assez bien à se renouveler ; mais je sais que certains pourront s’en lasser.

Mais avec un peu moins de 200 pages par tome, la lassitude ne devrait pas être trop importante.

Conclusion :

Une bonne tranche de rigolade !

Voilà ce que vous réserve ces deux tomes qui n’hésitent pas à ridiculiser la légende. Et c’est on ne peux plus comique.

Les fans de Star Wars se régaleront en comprenant les anecdotes et les blagues impliquant une assez bonne connaissance de l’univers. Pour les autres, quelques planches pourraient échapper à leur compréhension mais cela ne les empêchera pas d’apprécier dans l’ensemble.

Mais en même temps, qui ne connait pas Star Wars ? (si toi, derrière ton écran, tu t’es reconnu, répare cette erreur le plus vite possible !)

Beaucoup cette BD, tu devrais apprécier.

 Que la force soit avec toi, jeune padawan.

-Wiiseko-

Mon avis : ✭✭✭✭✩

Acheter le livre sur leslibraires.fr

lgdrca3

Bang et son Gang de Takaro et Kikoo-Lol

Bang et son Gang

Takaro : dessin – Kikoo-Lol : scénario   –    Août 2013       –    Édition Tapas9782756041964v

Voilà, la première chronique de l’équipe de Mais Livrez Vous Version 2.0 !

Et c’est votre dévouée servante, Wiiseko, qui a le plaisir de vous la présenter.

Pour cette première critique, mon choix s’est porté sur Bang et son Gang , qui a été pré-publié dans le magazine Fluide G., et est maintenant publié en cartonné aux éditions Tapas. Tapas étant une collection toute récente de Delcourt, qui réunit dans sa grande majorité des ouvrages de « Blog-BD », nouveau vivier des éditeurs de bandes dessinées. Les préceptrices du genre étant Pénélope Bagieu (nommée Chevalier des Arts et des Lettres au dernier festival d’Angoulême) et Margaux Motin.
Les « blogs-BD » fleurissent sur la toile ; pour le grand bonheur des éditeurs, cela leur permettant de dénicher de nouveaux talents. C’est pourquoi j’ai décidé de consacrer un certain nombre d’articles à venir sur ce genre somme tout assez récent.

Car comme pour tout, il y a du bon et du moins bon … Et avec Bang et son Gang on est clairement dans le moins bon !

Résumé :

Dans un pays merveilleux, le lapin Bang coule des jours paisibles, entouré d’amis sincères : Shredder l’ours sympa, Gaz le gentil éléphant bleu et Chupa le chien contorsionniste. Mais lorsqu’une horrible crise d’hémorroïdes frappe le pauvre lapin, son monde se trouve radicalement bouleversé : lui qui croyait être un mâle apprend qu’il est une femelle ! Débute un surprenant voyage initiatique..

Ce que j’en pense :

Le titre et l’avertissement sur la couverture aurait déjà dû me mettre la puce à l’oreille (si tu n’as pas compris le sous entendu du titre, c’est que tu dois avoir moins de 16 ans, et alors Bang et son Gang n’est pas pour toi) …

Mais malgré cela, les dessins ronds et mignons et la colo pop et acidulées m’attiraient. Et même si le contenu s’annonçait clairement grivois, certains maîtrisent ce genre très bien, sans tomber dans le vulgaire et le malsain. Loupé !

Plus je tournais les pages, plus j’étais atterrée par son contenu.

Le héros Bang (héroïne ?), censé être entouré de ses « amis fidèles » est clairement infect avec eux. On ne s’attache pas un seul instant à lui, nous apparaissant même comme un être franchement antipathique. Pour ce qui est de ses « amis », seul Gaz sauve un peu les meubles ; et encore, comme dit l’expression « trop bon, trop c*n », le pauvre Gaz en vient à nous faire pitié. Difficile d’être charmé par les deux autres personnages, au vu de leur passe-temps, pour le moins sordide. Shredder veut faire monter les jeunes poussins sur ces genoux pour les -faire- sauter, et Chupa passe son temps à se lécher. Oui, vous avez bien lu, à se lécher. Remarquez alors, le jeu de mot irrésistible entre son activité et son nom …
Le dessin est d’ailleurs assez passif et manque de dynamisme.

Inceste, sodomie, pédophilie, tout y passe. Sous le couvert de l’humour, les auteurs partent dans des délires un peu extrêmes. Seulement, les gags ne font pas rire. Il ne reste alors, qu’une impression de malaise en lisant l’ouvrage. Heureusement, le dessin dédramatise le propos, et empêche de tomber dans le carrément glauque. 

Conclusion :

Bref, vous l’avez sans doute compris: À moins d’être un adepte d’humour douteux ou d’être vraiment sous le charme du dessin un semblant mignon, Bang et son Gang est vraiment à côté de la plaque. Il manque de la nuance au propos et des personnages accrocheurs et sympathiques pour passer d’un récit turpide à un bon moment de divertissement.

Par bonheur, les autres titres des éditions Tapas ne sont pas de cet acabit, loin de là !

9782756041964_pl02

  Mon avis : ✭✩✩✩✩

Nous n’irons pas voir Auschwitz de Jérémie Dres

Couverture-nous-n-irons-pas

Nous n’irons pas voir Auschwitz
de Jérémie Dres
(Éditions Cambourakis)
Septembre 2011
208 pages / 19€

Résumé :

Jérémie Dres, l’auteur, est juif d’origine polonais. Après le décès de sa grand mère, il décide d’entraîner son frère à la découverte de leurs origines, en  Pologne sur les traces de leur grand-mère décédée.

Commence alors un voyage à travers la Pologne, partagé entre leurs idées préconçues et la recherche de l’histoire de leur grand mère qui leur répétait :

« Épouse ki ti veux mais pas ine Polack ni ine Allemonde. Et manj ine banane ti es tout maigre ! »

Mais ils refusent de visiter Auschwitz :

« Auschwitz, cinq années d’anéantissement pour plus de mille ans de vie et d’histoire du peuple juif en Pologne. Un traumatisme encore si présent qu’il ferait oublier tout le reste. C’est le reste que je suis allé chercher. »

Ce voyage ne s’annonce pas facile. Dans la famille Dres, la question de la Pologne est taboue et les polonais sont avant tout perçus comme les bourreaux des juifs lors de la Seconde Guerre Mondiale. Les deux frères partent l’esprit plein de préjugés et d’idées négatives, avertis par leur père qu’il faut « se méfier des Polacks ».

Critique :

Alors qu’ils étaient à la recherche du passé, ils rencontrent la Pologne du présent : leur voyage leur permettra de rencontrer la communauté juive polonaise d’aujourd’hui. Les personnes qu’ils rencontrent vont nous-n-irons-pas-3profondément enrichir leur identité et interroger leurs préjugés : ils apprennent à connaître une nouvelle génération qui se pose les mêmes questions qu’eux.

Plus qu’un récit de voyage, l’auteur nous livre une quête des origines qui devient un reportage sur la communauté juive polonaise d’aujourd’hui, comme s’il avait été rattrapé par la réappropriation de l’histoire, véritable phénomène de société.

Le parti pris est affirmé et assumé dès la lecture du titre : Nous n’irons pas à Auschwitz ne veut pas revenir sur le passé, mais bien montrer la  très riche culture juive plutôt que la catastrophe.

Ce roman graphique entièrement en noir et blanc reste toujours dans un ton juste, sincère et cherche avant tout à retranscrire le parcours des deux frères sans fioritures.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée qui aborde l’histoire de la communauté juive d’une façon que bien peu de gens connaissent et nous permet également de découvrir comment toute une génération parvient à se réapproprier cette histoire après le traumatisme de la Shoah.

Camille

La Balade de Yaya, Omont et Zhao

la-balade-de-yaya-1-editions-fei

La Balade de Yaya
(6 tomes)
de Jean-Marie Omont et Golo Zhao
(Editions Fei)
Paru en janvier 2011
96 pages / 8,90€

Résumé Chine, 1937.  Alors que les Japonais s’apprêtent à entrer dans Shanghai, une petite fille s’enfuit de chez elle pour participer à un concours de piano.

Surprise par les bombardements, Yaya se retrouve perdue et seule au milieu de la catastrophe, uniquement accompagnée par Pipo, son oiseau et fidèle compagnon.

Au cœur de ce chaos,  elle  rencontre Tuduo, un enfant des rues. A deux, ils vont tenter de retrouver les parents de Yaya, entamant pour cela un périple plein de dangers à travers une Chine en guerre.

Critique : On notera une collaboration franco-chinoise avec  Jean-Marie Omont au scénario, accompagné par Golo Zhao au dessin, qui réussit parfaitement à marier le dessin très aquarellé et doux à des sujets pas toujours faciles.

La Balade de Yaya est un album jeunesse, mais malgré cela, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire : les dessins, les couleurs, les ambiances sont magnifiques, et les deux personnages sont pleins de fraîcheur.

yaya01

Cette apparente légèreté n’empêche pas le récit d’aborder des thèmes autrement plus graves. Les deux enfants, accompagnés de Pipo, l’oiseau doué de parole (qui n’est pas sans rappeler Zazu, dans le Roi Lion) promènent le lecteur au fil de leur périple, peignant le portrait d’un pays en pleine guerre.

Ils nous donnent l’occasion de vivre une guerre avec un regard d’enfant : même s’ils vont devoir apprendre à grandir en étant confronté à un monde en plein chaos, sans pitié ni règles, Yaya et Tuduo sont toujours plein d’humour et de naïveté, donnant aux évènements les plus tragiques une atmosphère facétieuse.

On peut entrevoir le monde avec des yeux d’enfants qui abordent et comprennent le réel à travers le rêve et l’imaginaire. Mais tout en portant un regard très critique face au monde des adultes en temps de guerre.Yaya tome 3a

Pour moi c’est une très bonne idée lecture pour se réconforter pendant l’hiver ! Tant pis pour la neige dehors, on peut toujours accompagner Yaya et Tuduo en plein été à travers de magnifiques paysages aux couleurs pastel…

Camille

Un zoo en hiver, de Jirô Taniguchi

Un zoo en hiverzoo-hiver
de Jirô Taniguchi
(Casterman)
Paru en juin 2009
232 pages / 15€

Résumé :

Kyoto, 1966.

Hamaguchi, un jeune employé d’une société de textile en gros, n’est pas comme les autres jeunes gens de son âge. Plutôt que de faire du sport, il préfère consacrer tout son temps libre au dessin, passant de longues heures au zoo de la ville pour croquer ses animaux.

Mais rien, même sa passion pour le dessin ne parvient à le distraire de l’ennui qu’il ressent dans une vie qui lui semble si étriquée.

Lorsqu’un ancien ami de lycée lui offre l’opportunité de devenir assistant dans l’atelier d’un grand mangaka, il saute sur l’occasion et part pour la capitale, Tokyo.

Il y découvrira enfin l’univers des mangakas dont il a tant rêvé de faire partie. Mais derrière son rêve se cachent de longues heures de travail intense, où il n’est pas rare de devoir rester toute une nuit pour boucler les numéros.

Dans ce nouveau cadre de vie, Hamaguchi ne va pas tarder à faire ses premiers apprentissages de la vie. Premiers émois amoureux, premières planches de BD.

Mais le récit ne s’arrête pas là. Naviguant à travers ses souvenirs, Hamaguchi raconte l’histoire d’amour dont il a été le témoin et le garant, lorsqu’il travaillait encore à Kyoto. Son patron le charge de surveiller sa fille, soupçonnée d’être adultère… Notre héros recroisera son chemin.

Critique :Taniguchi-Jiro-Un-zoo-en-hiver-image

Jirô Taniguchi, réussit à nous transmettre le mode de vie japonais ainsi que les traits de cette société dans les années 60, sans non plus être didactique. Il laisse simplement le lecteur comprendre, percevoir ce que le conteur raconte.

Ce que j’aime particulièrement avec cet auteur, dont je vous ai déjà parlé avec un de ses autres titre Une anthologie, c’est que l’on apprend toujours quelque chose de nouveau à travers ses récits. Ici, nous pouvons suivre avec Hamaguchi le parcours d’un mangaka, des premiers croquis à la conception du livre.

J’aime surtout la simplicité du dessin de Jirô Taniguchi, très influencé par la bande dessinée européenne et l’émotion réelle qui se dégage de ses histoires .

Certains diront que le fil de l’histoire est trop lent, mais cela nous donne le temps d’apprécier les dessins, aussi beaux qu’à l’accoutumée.

Je finirai en vous disant que les mangas, ce n’est pas le genre de BDs que je lis le plus !

Mais Jirô Taniguchi est un auteur facile à lire même lorsque l’on pense ne pas aimer les mangas.

Une histoire d’amour tragique mais qui ne tombe jamais dans le pathétique. Un récit très réaliste et des interactions entre personnages captivantes !

Un récit émouvant et délicat , épuré mais fourmillant de détails.

Camille

TMLP (Ta Mère La Pute) de Gilles Rochier

4464_cTa Mère La Pute
de Gilles Rochier
(Editions 6 Pieds sous Terre)
Paru en février 2011
62 pages / 16€

Résumé :

TMLP, c’est le portrait des premières cités HLM (dans les années 70) et des gens qui y vivent. L’auteur se focalise sur le jeune qu’il était, et sur sa bande d’amis.

« Nous à la base on n’est pas des méchants ni des dangereux… tout juste des branleurs des fumistes disaient nos profs, mais pas des mômes méchants » lit-on dès le début.

On découvre des jeunes qui s’ennuient et l’on ressent leur difficulté à donner un but à leur vie, à donner du sens à ce qu’ils font.

Reste le centre de l’intrigue : la Cité HLM.

Elle est entièrement structurée selon une  délimitation géographique organisée par bloc que chaque jeune respecte : « chacun son bloc »… et tout ira bien.

La Cité, cet ensemble entièrement gris, a sa propre histoire, composée de légendes urbaines, de points de repères immuables (un arrêt de bus, une supérette…) et de secrets…

La misère, la pauvreté, les enfants à nourrir. C’est le quotidien de ces nouveaux HLM dont  l’on vante encore les mérites. Mais il reste l’arrêt de bus. Des femmes, des mères y descendent parfois le soir, lorsque les fins de mois sont trop dures. Tout le monde le sait, personne ne le dit.

Le secret, partagé par tous même si chacun ignore soigneusement le sujet, reste tabou.

Jusqu’au jour où cet équilibre précaire est brisé …

Il suffit alors d’une simple dispute pour que les mots interdits soient prononcés et que la violence éclate.

Critique :TMLP-page31

Lorsque j’ai feuilleté le livre pour la première fois, je pensais que le récit serait pesant, mais les personnages sont racontés avec tellement de naturel que je me suis vite laissé emporter.

Au fil des pages, l’auteur reste tout en subtilité, laissant parler ses personnages sans rien ajouter de plus.

Ce qui est rafraîchissant, c’est qu’à aucun moment il n’essaye de faire une analyse sociologique de cette cité ou de schématiser les comportements.

Pour mieux nous raconter cela, sans concession, fuite ou langue de bois, Gilles Rochier utilise des dialogues simples et vivants alliés à un texte concis, tranchant. Finalement, il nous décrit naïvement l’univers des barres d’immeubles et des terrains vagues avec honnêteté presque crûment, sans jamais tomber dans le pathos.

Camille

Une anthologie, de Jirô Taniguchi

Une Anthologie
de Jirô Taniguchi
(Editions Casterman)
paru en juin 2010
502 pages / 30€

Connu surtout grâce à Quartier lointain (adapté au cinéma en 2010), Jirô Taniguchi est un auteur de BD japonais. Son dessin, unique, allie les styles du manga et de la BD occidentale.

Si vous avez envie de découvrir cet auteur -pour moi incontournable dans le monde de la BD- Une anthologie est parfait : il compile treize histoires courtes qui permettent de découvrir toutes les facettes de son talent.

On retrouve les thèmes du souvenir,  de l’enfance revécue dans la continuité du Journal de mon père ou Quartier lointain, mais pas seulement.

Dans chacune de ces nouvelles, on retrouve le style de l’auteur sous bien des aspects : doux et paisible ou brutal et froid mais toujours plein de poésie. Comme toujours chez Jirô Taniguchi, les récits sont empreints de poésie et les dialogues très simples laissent la part belle aux personnages.

Le recueil commence par des récits à l’atmosphère paisible, ancrés dans la vie quotidienne au Japon, avant d’évoluer vers des récits épiques, aventureux et même parfois violents.

Le fil conducteur entre toutes ces histoires est la relation entre l’homme et l’animal. On croisera la destinée de ce chien enrôlé dans l’armé japonaise pendant la seconde guerre mondiale, celle d’une étrange amitié entre un plongeur et une baleine partie mourir dans l’océan arctique, ou encore cet homme parti affronter le Grand Nord, un monde brutal, implacable, où le drame et la catastrophe peuvent surgir à chaque page.

Un recueil de nouvelles n’est pas le livre le plus facile qui soit à critiquer ou à résumer, surtout lorsque qu’on a affaire à une telle diversité de tons et de thèmes. La structure du recueil va crescendo, partant d’une histoire du quotidien avant d’accélérer le rythme avec des récits plus trépidants pour enfin laisser le lecteur sur une note douce. On a donc la chance de connaître tout un panel de ce dont Jirô Taniguchi est capable.

Pour moi, c’est réellement un bon choix de lecture, que vous aimiez ou non le manga, l’action ou la poésie. C’est surtout le prétexte de découvrir un auteur remarquable au talent reconnu par tous.

De cet auteur également, je vous conseille Sky Hawk, une revisite du genre du Western, ainsi que Le journal de mon père et bien sûr Quartier lointain, les deux livre qui ont assis la notoriété de Jirô Taniguchi.

N’hésitez pas à venir le feuilleter ou l’emprunter, il sera disponible à la Libre’thèque, dans le hall de l’IUT, de 12h30 à 14h !

Camille

Walking Dead, de Robert Kirkman et Tony Moore

 Walking Dead
de Robert Kirkman et Tony Moore
(Editions Delcourt)
Tome 1 paru en juin 2007
141 pages / 13,95€

Walking Dead, c’est LE comics à lire.  La série en est déjà à 16 tomes et elle n’est pas prête de se finir, mais s’il y a une BD dont tout le monde parle et qu’il faut avoir lu, c’est bien celle là. Alors attrapez le premier tome, lisez-le en vitesse et voyez si vous réussissez à en rester là !

Tout le monde a déjà entendu parler de l’histoire, mais pour replanter le décor, cette BD démarre avant tout avec Rick.

Blessé par balle lors d’une intervention –Rick est policier- il se réveille dans un hôpital désert, et une ville toute aussi déserte. Il découvre un paysage post apocalyptique complètement vide d’êtres humains, et envahi de zombies. Il décide alors de rejoindre Atlanta, à la recherche de sa femme et de son fils.

Il rejoint un groupe de survivants, parmi lesquels il retrouve sa famille. Le seul objectif désormais sera de rester en vie. Mais dans ce monde où la seule chose qui compte est la lutte pour la survie, il découvre –et le lecteur avec lui- que les zombies ne représentent pas le plus grand danger…

On tient là le scénario parfait du film de zombie type, mais Walking Dead ne se résume pas à un massacre de zombies par le héros –entrecoupé par quelques intrigues amoureuses-  c’est surtout une intrigue psychologique basée sur les personnages : comment survivre en groupe quand tout ce qui structurait notre vie n’est plus qu’un lointain souvenir ? Quand on risque de mourir à tout moment ?

Quand il n’est plus question de vivre une vie bien rangée, on découvre vite que le pire dans tout ça, ce sont les gens qui vous entourent et qui n’ont en tête que leur propre survie.

Personnellement, les comics ce n’est pas mon genre préféré en bd, mais j’ai dévoré  les 15 premiers tomes en quelques jours. L’auteur vous embarque dans une aventure qui bien sûr reste une histoire de zombie avec ses sessions d’attaques zombies, les suspenses récurrents mais demeure une vraie réflexion sur la façon dont l’être humain gère les crises, et dont il réagit lorsque son univers n’est plus régi par aucune loi.

En bref, Walking Dead est un classique de la BD de zombies, mais le développement de l’intrigue et de la psychologie des personnages demeure une bonne occasion de réfléchir…

Camille