Autant en emporte le vent par Margaret Mitchell

Autant en emporte le ventAutant en emporte le vent

par Margaret Mitchell

Gallimard, 2003

30,50€

Résumé :

En Georgie, en 1861, Scarlett O’Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n’a toutefois d’yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d’avis, mais à la réception des Douze Chênes, c’est du cynique Rhett Butler qu’elle retient l’attention. C’est alors que la guerre de Sécession éclate, bouleversant leurs vies à jamais…

Mon avis :

Avant de lire ce célèbre roman, j’avais vu il y a déjà un bon bout de temps son adaptation cinématographique, un film très long qui ne m’avait laissé qu’assez peu de souvenirs, excepté peut-être un profond mépris pour le personnage de Scarlett, mais passons sur ce point, je vais y revenir. Je n’avais donc pas particulièrement envie de lire le roman, jusqu’à ce qu’un « léger » harcèlement d’une de mes amies me forc… non, me pousse à le lire ! Allez, j’ai promis que je ne serai pas de mauvaise foi.
J’ai donc attaqué ce pavé de 1200 pages (et c’est là que je remercie la liseuse qui m’a épargné le poids du pavé dans la valise pour les vacances), en essayant de mettre de côté mes à priori assez nombreux, et en reprenant l’histoire totalement de zéro. Et je dois avouer que je n’ai pas trop mal réussi mon coup, car j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre.
Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié la dimension historique très détaillée présente dans la narration, au sujet de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis. On sent que l’auteure s’est beaucoup documentée sur le sujet, et a bénéficié de témoignages de gens ayant vécu durant cette guerre (rappelons en effet que le livre a été publié pour la première fois en 1936). On a profusion de détails historiques et de descriptions assez précises, ce qui contribue notamment à l’épaisseur du roman. Certains considèrent cela comme une longueur désagréable ; personnellement, j’ai vraiment trouvé cet aspect très intéressant.
Ensuite, les personnages. Il y en a beaucoup, tous très travaillés et très bien exploités par l’auteure, mais je vais me concentrer sur les principaux. Tout d’abord, je vais bien entendu commencer par la très belle (et très caractérielle… bon, j’arrête.) Scarlett O’Hara, personnage central du roman, et que l’on suit à partir de ses seize ans. Je vous disais que son personnage, dans le film, m’avait laissé une très mauvaise impression. Heureusement, mon avis sur elle s’est quelque peu modifié avec ma lecture du roman. Certes, je considère toujours Scarlett comme une jeune femme trop gâtée pensant que tout lui est dû, bornée dans ses idées de petite fille ; mais sa force de caractère et ses idées très progressistes pour l’époque, notamment au sujet de la condition des femmes dans la société, la font beaucoup remonter dans mon estime. Je n’irai pas jusqu’à dire que je l’adore, ce serait trop me demander, mais déjà je la supporte beaucoup plus, et j’arrive à comprendre ses raisonnements la plupart du temps. 
Ensuite, le personnage de Clark Gable. Est-ce nécessaire de dire que je l’ai adoré ? Pourtant, il est loin d’être parfait : il est arrogant et profiteur, il a un tempérament parfois violent. Mais il aime Scarlett, cela se ressent dans ses actions et dans ses gestes plus que dans ses mots, et cela le rend vraiment attachant. Ce que je pourrais lui reprocher cependant, c’est d’avoir trop vite baissé les bras avec Scarlett une fois leur mariage passé, et la relation avec leur fille Bonnie, qu’il a peut-être un peu trop tendance à confondre avec sa mère. Cet avis n’engage toutefois que moi, mais si leur relation avait pris un autre cours, la fin du roman aurait pu être très différente…
Je continue avec le personnage d’Ashley Wilkes, dont je ne dirai que quelques mots, ce qui sera largement suffisant. Si au début du roman ses idées et sa façon de pensée se tenaient, la suite du roman m’a franchement fait changer d’idée à son sujet. Peu à peu, après la guerre, Ashley se transforme en une sorte de légume qui marche et qui parle, incapable d’agir de lui-même. Les espoirs qu’il contribue à donner à Scarlett à plusieurs reprises m’ont franchement énervée, et j’ai presque envie de dire que j’étais déçue en le voyant rentrer de la guerre… C’est dire !
Enfin, je vais conclure avec le personnage de Mélanie Wilkes, qui si elle est la femme d’Ashley, reste très différente de lui. Elle dissimule un caractère affirmée sous une apparente douceur, et je suis assez d’accord avec Rhett quand il dit que « Mélanie Wilkes est la seule grande dame de sa connaissance ». Elle a une grandeur d’âme, une gentillesse et une générosité à toute épreuve, et elle sait se faire aimer de tout le monde… excepté peut-être de Scarlett qui la méprise et la dédaigne pendant quasiment tout le roman. Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup aimé le personnage de Mélanie.
Autant en emporte le vent est aujourd’hui devenu un classique, notamment grâce à son adaptation cinématographique qui reste un film emblématique 75 ans après sa sortie dans les salles.
Les sujets qu’il véhicule, notamment au sujet de l’esclavage et du racisme, intimement liés dans ce livre écrit dans les années 30, à l’époque où la ségrégation des Noirs faisait encore rage aux Etats-Unis, reste encore aujourd’hui étrangement actuels. Toutefois, un reproche que je fais à l’oeuvre à ce sujet : certains mots où expressions utilisés pour parler de personnes Noires montrent franchement les inclinaisons quelque peu racistes de l’auteure à leur sujet, tout comme les quelques mentions du Ku Klux Klan, qui prend en effet ses racines à l’époque où se déroule l’histoire… 
A roman fleuve, critique fleuve, je constate que je me suis laissée emballer. Pour autant, je vous recommande ce livre qui, sans être un coup de cœur, reste néanmoins une superbe découverte, malgré une fin… qui m’a laissée sur ma faim. Alors à vous de vous faire votre propre avis, et foncez sur ce livre !
~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✭

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La force ou le côte obscur ?

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Pour ceux qui ne le savent pas -et HONTE sur toi si c’est le cas- l’exposition Star Wars Identities à ouvert ses portes, samedi 15 février dernier à la cité du cinéma à Saint Denis.
Je me suis rendue sur place quelques jours avant l’ouverture officielle grâce à l’aimable invitation de Cenoctet (tu peux cliquer, c’est du bon !).Eh oui, obligée de me taper une exposition sur la plus grande saga de SF de l’histoire du cinéma, tout ça pour vous faire partager mes impressions sur le blog: Ma vie est dure.

Bref, la question est posée: Star Wars Identities, j’y vais ou j’y vais pas ?

Et bien je suis partagée à vrai dire. Voilà pourquoi:

Les plus:

-L’exposition est vraiment très bien en soi. Le lieu déjà est beau. La cité du cinéma a vraiment un architecture qui en impose.Ensuite pour ce qui est du contenu de l’exposition, on retrouve pas mal de pièces authentiques, telle que le costume ORIGINAL de Dark Vador ou de Chewbacca ! Avec de vrais pouâls d’Hayden Christensen dedans … Si si, véridique. Avec pas loin de 200 objets, on a accès à quelques perles qui font battre notre petit cœur de fan.

-Le gros point fort de l’expo, c’est que tu peux créer ton propre personnage, grâce à un bracelet et 25 bornes électroniques que l’on te donne à l’entrée (compris dans le prix). Dperso‘où le nom d’Identities, car tu crées la tienne au fur et à mesure des différentes salles. Tu as le choix parmi une quinzaine de race, différents métiers, mais aussi une part de hasard dans la création de ta destinée. Cela prends aussi en compte le nombre d’ami avec qui tu es venu visiter et les différentes étapes de la vie de tout individu. Et bien sur, LA question inévitable de l’univers de Georges Lucas: la force ou le côté obscur ?

À la fin, tu découvres grandeur nature, comme un enfant qui attend le père Noël, ton personnage créer par tes soins de A à Z. Tu as ensuite la possibilité de te le faire envoyer par mail, pour en garder un souvenir et te l’a péter auprès de tes amis car tu as fais l’expo. Par exemple voici le mien: Mon perso.

-Un audioguide est aussi fourni et permet d’en apprendre plus sur certains personnages ou aspects de l’expo. Un petit plus qui fait toujours plaisir. Et j’ai trouvé que la voix de l’audioguide avait un accent québecois assez comique à écouter.

-L’organisation de la visite apporte du positif aussi car un maximum de 25 visiteurs seulement pourra entrer simultanément. Les entrées seront espacées de 5 minutes d’intervalle. Donc peu de risque d’être envahi, car les gens vont en général au même rythme. tu peux profiter de ta visite sans qu’on se marche dessus et sans que le monde t’empêche d’accéder aux bornes qui sont au cœur de l’expo.

-La boutique à la fin de l’expo. Soyons clairs: Je me suis ruinée ! Une multitude de t-shirt sympas, un moule à gâteau dark vador, plein de livres superbes sur l’univers de S.W (bah oui, normal, nous sommes sur un blog littéraire, il fallait bien des livres quelques part héhé), les affiches très stylées de l’exposition et j’en passe … Si tu es un fan, je vois mal comment tu ne pourras pas (c)raquer, tellement les objets proposés sont attirants. Et exposition temporaire oblige, tu ne trouveras certains objets nul part ailleurs. Perso. je me suis fais plaisir (depuis, je mange des pâtes).

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Les Moins :

-La visite se veut accessible à tous, aux néophytes comme au connaisseurs et adorateurs de la guerre des étoiles. Mais au final, ces derniers n’apprendront rien de réellement nouveaux sur l’univers, car l’expo ne creuse pas dans les détails et s’arrête un peu à la surface des choses. les audioguides n’apportent pas d’informations réellement inédites ou extraordinaires.  Sympa mais pas foufou de ce côté là.

-Deux trucs en un font que j’ai du mal à recommander la visite à 100%: La durée de la visite. En prenant plutôt notre temps, on a mis une demie heure à l’a faire. Sans écouter toutes les informations par audioguide, certes, mais en nous attardant sur toutes les bornes et objets de la collection. Donc, il ne faut pas se voiler la face. En faisant tout à fond, je vois mal comment tu peux largement les une heure de visite. On est loin de la 1h30 promise sur le site.
Mais surtout, le gros blocage c’est … le prix ! 22 euros ! 22 EUROS PLEIN TARIF ! Pour une visite qui durera maximum une heure trente, et encore, c’est si tu l’a fais en Moon Walk. Je trouve cela vraiment abusé. Certes, les expositions ne sont souvent pas données mais quand on dépasse la vingtaine d’euros pour un contenu limité, là, ça reste en travers de la gorge. Par exemple, l’expo Pixar que j’ai tout autant adoré ne coûte que 15 euros. Alors, d’accord, il est souvent malvenu de comparer différentes expositions à causes des différences de forme et de fonds. Mais pour le coup, je trouve le prix bien élevé quand on sait qu’on va encore dépenser à la boutique à la fin de la visite. Surtout si on est pas parisien et que vous vous taper plusieurs heures de routes juste pour venir l’a voir. Autant dire que cette excursion vous coûtera la peau d’un boobies (et un plutôt gros).

En conclusion

Si j’ai vraiment adoré faire Star Wars Identities, impossible pour moi d’être vraiment catégorique quand au fait que vous devez l’a faire ou non. Au final, c’est à vous de voir si vous voulez y mettre 22€. Mais si vous l’a faites, prenez y réellement votre temps. Je peux vous assurer que vous y passerait un bon moment, ce qui a été mon cas. 3 petites photos ci-dessous pour vous donnez un léger aperçu, pour vous montrez que, malgré tout, cette exposition pue la classe. (d’ailleurs désolée pour la qualité médiocre, mais je n’avais que mon iphone hélas).

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Louise Erdrich brise le silence

dans le silence du ventcoup de coeurLes romans de Louise Erdrich sont de ceux qui vous frappent à l’estomac et vous laisse un bleu à l’âme longtemps après. Ils sont une main qui tantôt caresse, tantôt frappe, ils sont forts et doux, tortueux et directs, nourris par la colère du peuple Amérindien, de ses blessures, d’une Histoire douloureuse, mais aussi d’une culture riche, vivante, foisonnante. Héritière d’une tradition orale ancestrale, la littérature de Louise Erdrich réveille pour nos yeux l’âme d’une Amérique qui existait bien avant l’arrivée des premiers colons. Son dernier roman, Dans le silence du vent, qui a reçu l’an dernier le prestigieux National Book Award, est certainement l’un des plus forts d’une auteure déjà comparée à William Faulkner, Toni Morrison et Gabriel Garcia Marquez. Lire la suite

Concours de l’hiver !

Bonjour à toutes et à tous !

C’est un article un peu particulier que nous vous proposons aujourd’hui, mais devrait grandement vous plaire… En effet, nous avons décidé d’organiser un grand concours sur le blog Mais Livrez-Vous, et nous espérons que vous serez nombreux à tenter votre chance !

Commençons tout d’abord par le plus intéressant : quel est le lot que remportera le vainqueur ?
Eh bien, rien de moins que le dernier livre de J.K. Rowling (l’auteure des Harry Potter) : L’appel du coucou, publié sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Vous pouvez retrouver ICI la chronique de Malakoda à propos de ce livre.

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Comment participer ? C’est très simple.

Il suffit d’écrire une critique sur un livre de votre choix, que vous l’ayez aimé ou détesté, mais en tout cas en y mettant tout votre cœur et votre sincérité. N’hésitez pas à argumenter votre avis !

Envoyez-nous ensuite votre critique par mail, accompagnée de vos coordonnées (Pseudo éventuel, nom, prénom, adresse postale et adresse e-mail) à l’adresse suivante :

>>> maislivrezvous@yahoo.fr <<<

Vous avez un mois pour participer et nous envoyer vos écrits, puisque la date butoir de participation est fixée au samedi 22 février à 20h00.

Bonne chance à tous, et à vos claviers !

~ Galinean, Malakoda et Wiiseko ~

Nord et Sud par Elizabeth Gaskell

Nord et SudNord et Sud

par Elizabeth Gaskell

Points, 2010

8,90 €

Résumé :

C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Église et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

Mon avis :

Je referme à peine ce livre que j’ai déjà envie de le relire… C’est vous dire s’il m’a plu !

Elizabeth Gaskell est une auteure du milieu du XIXème siècle, contemporaine de la célèbre Charlotte Brontë, auteure de Jane Eyre (qui est d’ailleurs l’un de mes livres préférés). Nord et Sud est l’un de ses romans majeurs. Dans ce livre, elle nous dévoile le passé industriel  du nord de l’Angleterre, et les préjugés qui couraient alors à l’encontre de ladite industrie. Elle utilise pour cela ses deux personnages principaux, Margaret Hale et John Thornton qui, tour à tour, expriment leurs pensées et leurs sentiments.

Ce roman est un point de vue très intéressant pour l’époque sur l’industrie, les rapports qu’entretiennent patrons et ouvriers, les syndicats, les grèves, etc… Certains des points de vue développés peuvent paraître assez avant-gardistes pour l’époque. Pour autant, Elizabeth Gaskell ne montre dans son livre aucun parti pris : pour elle, les patrons comme les ouvriers d’usines ont leurs qualités et leurs défauts, leurs bonnes idées et opinions, mais aussi d’autres qui peuvent s’avérer franchement condamnables… Elle ne défend personne, mais montre les côtés sombres de chacun. C’est donc un récit riche au niveau social et historique.

Mais Nord et Sud, c’est aussi une très belle histoire d’amour ! Pourtant, qui aurait pu croire que la jolie Margaret Hale, fille du sud de l’Angleterre, attachée à ses valeurs campagnardes, puisse ne serait-ce que poser un regard sur John Thornton, patron fier et déterminé d’une filature de coton dans le nord du pays ? Les différences sont nombreuses, les divergences d’opinion plus encore. Les malentendus affluent, les erreurs de jugement aussi. Et pourtant, ces deux jeunes gens ne pourront s’empêcher de se rapprocher inexorablement…

Par certains aspects, ce roman m’a souvent rappelé Orgueil et préjugés, le célèbre chef-d’œuvre de Jane Austen, notamment en ce qui concerne la relation houleuse entre nos deux protagonistes. Concernant les autres facettes du récit, elles se rapprochent parfois du roman réaliste à la Zola, avec une influence gothique moindre par rapport à d’autres livres de la même période (je pense entre autres aux romans des soeurs Brontë).

Ce roman a réussi à me transporter quasiment du début jusqu’à la fin, et je peux vraiment dire qu’il a été un coup de coeur. Je profite également de cet article pour vous conseiller l’adaptation TV qu’en a fait la BBC en 2004, avec Daniela Senby-Ashe et Richard Armitage dans les rôles principaux. C’est cette mini-série qui m’a donné envie de lire le livre, et franchement, je ne le regrette absolument pas !

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✭

L’affaire Jane Eyre par Jasper Fforde

L'affaire Jane EyreL’affaire Jane Eyre

par Jasper Fforde

10/18, 2005

9,60€

Résumé :

Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…

Mon avis :

C’est déjà ma troisième lecture de ce roman, et je ne m’en lasse pas ! C’est d’ailleurs pour cela que j’ai voulu vous le faire découvrir.

Ceux qui me connaissent le savent très bien, je suis une grande fan du roman Jane Eyre de Charlotte Brontë. Par conséquent, quand on m’a offert ce livre, j’ai été très curieuse de découvrir ce qu’il renfermait !

Eh bien, je n’ai pas été déçue. Si au début du livre il faut s’adapter à l’univers complètement décalé inventé par l’auteur, on se laisse très vite emporter par les détails un peu loufoques qui apparaissent souvent. Mais, avant toute chose, une petite explication du contexte s’impose…

Le récit se déroule dans les années 1980, en Angleterre. Quoi d’exceptionnel, me direz-vous ? Eh bien, le monde décrit dans ce livre n’est pas celui que l’on peut connaître. L’Angleterre est en guerre contre la Russie depuis plus d’un siècle, le Pays de Galles a mené une révolution et a gagné son indépendance, les familles peuvent adopter des dodos ou des pingouins domestiques clonés, unegrande firme nationale du nom de Goliath a la mainmise sur le gouvernement anglais… Bref, vous imaginez le tableau. Une autre chose importante : l’Angleterre est gérée par ce qui est connu sous le nom d’OpSpecs. Il s’agit de 32 départements spécialisés chacun dans une branche particulière : le voyage dans le temps, la défense anti-terroriste, ets… Et surtout, le département des LittéraTech, une brigade spécialisée dans le domaine du livre et de la littérature. C’est là que travaille notre héroïne, Thursday Next. Le jour où l’un des plus grands criminels au monde kidnappe le personnage de Jane Eyre dans le manuscrit original de Charlotte Brontë, c’est elle qui est chargée de la retrouver et de la ramener dans son roman.

Comme vous pouvez donc le remarquer, l’univers est très particulier. Il peut nécessiter un certain temps d’adaptation au début du roman mais, personnellement, j’ai tout de même été très vite conquise par ce récit si original.

Ce livre est un subtil mélange de roman policier, fantastique, science-fiction, classique et contemporain ; complètement décalé et loufoque, avec des personnages franchement drôles et souvent attachants (car même s’ils sont franchement détestables pour certains, on ne peut s’empêcher de les trouver drôles).

Un très bon moment de lecture donc, et si vous avez envie d’une lecture à la fois amusante et passionnante, alors ce livre est fait pour vous !

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✩

Et plus vite que ça Père Noël !

Jingle bells jingle bells

Jingle all the way!
What fun it is to ride
In a one-horse open sleigh

 Wiiseko

En ce mois magique de décembre chers lecteurs, l’équipe de Mais Livrez Vous va vous faire un petit article spécial.

Le thème n’est pas difficile à deviner: Une sélection de Noël !

Si vous êtes en panne d’inspiration pour offrir des cadeaux à vos proches, des idées en voulez-vous, en voilà : Nous allons chacun donner une liste de 5 livres qui nous avons aimés et qui peuvent faire de beaux présents.

Comme nous sommes une équipe très complémentaire dans les goûts et les couleurs, ils y en aura pour tout le monde.

Je me permets de commencer en vous présentant mes choix pour le Père Noël. Je les aborderais en nommant les membres de la famille à qui ils pourraient convenir, mais après chaque personne est juge. C’est parti :

① Pour ta douce Maman: Quartier Lointain de Jiro Taniguchiql

Transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, Hiroshi redécouvre son passé en questionnant sa famille et ses amis. Il le revit également, et lorsque le jour approche où son père a disparu sans explication, Hiroshi se demande s’il peut changer ce passé ou s’il doit le revivre, impuissant.

Tu désespères de voir ta mère ne pas comprendre ta passion du manga. Avec Jiro Taniguchi, le problème est réglé ! Le plus européen des mangakas a écrit moults récits, tous plus sublimes les uns que les autres. Mais il ne fallait en choisir qu’un. Mon choix s’est donc porté sur Quartier Lointain. C’est le plus connu de tous, et sans doute le plus accessible. Il a même gagné l’Arph-Art du meilleur scénario à Angoulême en 2003.

Porté par le sublime dessin de Taniguchi, cette histoire de voyage dans le temps bien particulière est touchante et pleine de philosophie. Passionnante, elle atteindra même les non-initiés au manga.Contrairement à d’autres récits de Taniguchi (il a écrit pas mal de one-shot) , Quartier Lointain est en deux tomes. Mais l’intégral existe aux éditions Casterman.

blacksad-tome-1-quelque-part-entre-les-ombres-7968044②Pour ton cool Daddy: Blacksad de Juanjo Guarnido (dessin) et Juan Diaz Canales (scénario)

Blacksad est comme tous les “privés”, désabusé et sans illusion. À un détail près : c’est un… chat, qui trimballe sa silhouette et ses idées généreuses dans l’Amérique des années 50. Il a perdu pas mal de ses illusions sur le monde qui l’entoure. Mais cela ne l’empêche pas de se battre pour un peu plus de justice.

J’ai beaucoup hésité avant de mettre Blacksad dans ma sélection. Après tout, la BD est déjà très connue, -généralement- encensée par la critique, elle a déjà reçu de nombreux prix, j’aurais pu peut être trouvé autre chose. Mais nom de poney poilu, cette série est tellement bonne ! Rien qu’à l’idée que certaines personnes puissent passer à côté de ce chef d’œuvre, mon poil d’ours se hérisse d’effroi.

John Blacksad est un chat noir, détective privé. Les histoires prennent place dans les états-unis des années 50 ; à ce jour, la série compte 5 tomes, et chacun aborde un thème de l’histoire américaine en particulier.
Blacksad c’est LA bande dessinée policière. J’aurais même envie de dire, c’est LA BD, tout court.
J’ai trouvé tout les tomes excellents, parfaitement maitrisé, que ce soit dans la narration ou le découpage. Les scénarios sont parfaits et le dessin … oh mon Dieu ce dessin ! Il est extraordinairement beau. Chaque album dégage une ambiance qui lui est propre, ils ont chacun leurs propres sujets et lieux mais à chaque fois, les cases fourmillent de détails, les personnages sont splendides de charismes et les couleurs vous en mettent plein les mirettes.

Certain pourraient ne pas être attirés car c’est du dessin animalier. Mais GRAVE erreur. Ils passent à côté d’une des meilleures séries de BD du moment.

③ Pour ton frère : City Hall de Guillaume Lapeyre (Dessin) et Rémi Guérin (Scénario)city-hall-coffret-1-ankama

Imaginez un monde où tout ce que vous écrivez prendrait vie. Imaginez maintenant qu’un individu utilise cette arme avec les plus sombres desseins… À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, les forces de police de City Hall n’ont d’autre choix que de faire appel à deux des plus fines plumes de Londres : Jules Verne et Arthur Conan Doyle !

City Hall, c’est un global manga des éditions Ankama, et nous montre bien que nous autres français, nous aussi, on peut faire du manga. Et du bon !

Changeant des blockbusters habituels, ce shonen nous emmène dans un univers futuriste et en même temps rétro, en mélangeant technologies de pointes et personnages du 20éme siècle. Le tout, porté par une ambiance très steampunk. Le dessin est très beau et sert très bien l’histoire.

Le point fort de cette série est sans contexte son originalité. Faire du papier, l’arme la plus dangereuse au monde, et réussir avec brio à y mêler Victor Hugo, Conan Doyle et d’autres personnages qui n’auraient jamais pu se rencontrer en vrai est un vrai coup de maître.

L’action est présente, les rebondissements nombreux, les héros intéressants et charismatiques … Bref, j’ai peux de chose à redire sur cette série, elle est vraiment très très

bonne.
En plus, Ankama nous a fait l’honneur de nous sortir un coffret de la saison 1 de City Hall (en 3 tomes) avec des jaquettes exclusives vraiment très belles et un note-book compris.

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④ Pour ta sœur : Forever Bitch de Diglee

Louise, bientôt la trentaine, en couple, partage ses drames émotionnels avec son BGF (Best Gay Friend) et ses deux meilleures potesses aux caractères diamétralement opposés : Maud, Mère Teresa du plan cul depuis sa rupture avec l’ex-potentiel-homme-de-sa-vie, et Audrey, maquée avec son prince charmant… au grand dam de Maud, viscéralement mais secrètement jalouse de tant de niaiserie doucereuse.Diglee revient. Après deux BD semi-autobiographiques, elle s’intéresse cette fois à la vie de ses amies. Portrait des jeunes femmes d’aujourd’hui, elle axe son regard sur l’amour, le sexe, les sorties. La BD ne se prend pas au sérieux, mais il y a certains passages plus sensibles, qui abordent des questions que beaucoup se posent aujourd’hui. Comme savoir si, dans un monde de consommation et d’obsolescence programmée, un couple peut vraiment durer toute une vie. Il est juste dommage que le récit ne s’y penche pas plus.Mais on retrouve avec plaisir le trait de Diglee, et on passe un très bon moment de lecture. Les fans de Margaux Motin et autre Pénélope Bagieu apprécieront.

 hayao-miyazaki-cartographie-univers⑤ Pour un fan du Japon : Hayao Miyazaki, cartographie d’un univers

L’œuvre de certains artistes entre de leur vivant dans l’imaginaire collectif. Le mangaka et réalisateur japonais Hayao Miyazaki (Nausicaa, Mon Voisin Totoro, Chihiro, Ponyo…) est l’un d’entre eux. De la Toei aux studios Ghibli, il a imposé, en plus de quarante ans de carrière, une vision singulière et nuancée du monde, de l’homme et de la société. Respectant la volonté de l’auteur de n’être jugé que sur ses créations, cet ouvrage prend le parti d’explorer l’imaginaire de Miyazaki et d’en rechercher la cohérence interne. Grâce à une analyse minutieuse des personnages, motifs et thèmes récurrents, la chronologie de ses œuvres est mise en perspective, tant sur la forme que sur le fond, pour aboutir à une véritable cartographie de son univers, placée sous le signe du voyage initiatique et de la magie intérieure. Une étude qui replace également cette production dans son contexte, non pas historique ou biographique, mais culturel : inspiré tant par sa propre société que par les pays du soleil couchant, Miyazaki se trouve aujourd’hui au cœur d’un dialogue, à la fois textuel et visuel, entre Japon, Europe et États-Unis.

Malakoda

22/11/63, Stephen King

22-11-63-stephen-king    Jack Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, promet à un ami mourant d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Le voilà alors propulsé des années en arrière, en 1958. Une uchronie dans l’Amérique des sixties par Stephen King ? Et si… L’art de recréer l’Histoire doit être manié avec un certain tact, le risque de tomber dans la farce étant très grand. On ne reconnaît aujourd’hui qu’à certains écrivains ce très grand talent. Le maître du haut château du grand Philip K. Dick est un exemple notoire d’uchronie réussie. Et d’après l’unanimité des critiques sur 22/11/63, nous en tenons un deuxième. Une occasion pour Stephen King de décortiquer un peu plus les maux de l’Amérique contemporaine, à travers l’un des plus grands traumatismes que le pays ait connu.

mudwomanMudwoman, Joyce Carol Oates

Comme dans la plupart des romans de Joyce Carol Oates, c’est un destin de femme qui est écrit dans ce roman de la frêle géante des lettres américaines. Mudgirl, abandonnée par sa mère dans un marais, recueillie par une famille de Quacker, deviendra Meredith et première femme présidente d’université, jusqu’au jour où sa brillante carrière, les intrigants du milieu universitaire et une certaine rigidité morale vont la mener au doute. J’avais adoré son recueil Le musée du Dr. Moses et le sublime La fille du fossoyeur, il n’y a donc pas de raison pour que je n’adhère pas à ce roman qui est d’ores et déjà décrit, à l’instar de Blonde, comme un classique de la littérature nord-américaine.

ondeseptimusL’Onde Septimus, Blake et Mortimer tome 22, scénarisé par Jean Dufaux, dessiné par Antoine Aubin et Etienne Schréder

Une suite à La marque jaune ? By Jove ! Le retour d’un mythe ! L’intrigue commence juste après l’album mythique d’Edgar P. Jacobs pour se terminer un peu avant L’affaire Francis Blake. Tandis que Mortimer ne parvient pas à percer le secret de « l’onde Mega », découverte du professeur Septimus, alias « La marque jaune », des admirateurs du savant fou se réunissent pour comploter. Grand fan de la série, je le veux, je l’exige. Tout de suite !

dans le silence du vent

Dans le silence du vent, Louise Erdrich

« Si ce livre est une sorte de croisade, galvanisée par la colère de l’auteur, c’est aussi une œuvre littéraire soigneusement structurée, qui une fois encore rappelle beaucoup Faulkner. » The New York Times

Ai-je besoin d’en dire plus ? Quand l’une des plus belle voix du « renouveau amérindien » publie un roman, chez moi, c’est un évènement. Portant depuis bientôt trente ans la mémoire, les plaies et la colère des amérindiens, Louise Erdrich poursuit une œuvre à la fois poétique et revendicatrice. Quand François Busnel l’interrogeait, pour ses fabuleux « carnets de route », sur le rôle de l’écrivain, la désormais lauréate du National Book Award répondait : « Résister. Résister au rêve Américain. C’est ça, le rôle de l’écrivain. » Ou la littérature comme rempart aux certitudes.

fetiches_mo_hayder_2013Fétiches, Mo Hayder

Une surdouée. Mo Hayder est une surdouée du polar anglo-saxon. Et son détective, Jack Caffery, est l’un des meilleurs personnages de « flic » de cette littérature pourtant très dévoyée ces temps-ci. Dans un hôpital psychiatrique, des patients victimes d’hallucinations se donnent la mort, hantés par le fantôme de « la Maude », infirmière sadique qui torturait les résidents, du temps où l’établissement était encore un hospice. Mon attirance coupable pour les intrigues sombres et bizarres a auparavant été amplement comblée par cette auteure, dans le poisseux Pig Island, ou encore dans Birdman. Je n’en attends pas moins de Fétiches.

Galinean

Il faut de tout pour faire un monde ! Et selon cet adage, j’ai décidé, quant à moi, de vous présenter cinq livres bien différents les uns des autres. Du roman jeunesse au classique, en passant par l’heroic-fantasy, il y en aura vraiment pour tous les goûts !

PersuasionPersuasion, Jane Austen

Le premier ouvrage que je vous propose est un roman, un classique de la littérature anglaise : il s’agit de Persuasion, de Jane Austen. Il s’agit de l’un des derniers romans de la célèbre auteure d’Orgueil et préjugés, et à mon avis, l’un des meilleurs. Une romance façon XIXème siècle, tout en bals et mondanités, dans laquelle le lecteur est transporté du début à la fin par la plume splendide de l’auteure. Ce roman est idéal pour les adeptes de la littérature classique anglaise du XIXème siècle, mais aussi pour les fans de romance à l’ancienne. C’est aussi un très bon début pour découvrir l’oeuvre de la grande Jane Austen.

La Quête d’Ewilan, Pierre BotteroLa Quête d'Ewilan

Le second livre à mettre sur votre liste de Noël est en réalité une trilogie complète (car, soyons honnêtes : si je vous mettais uniquement le premier tome, vous y perdriez beaucoup). Il s’agit d’une saga d’Heroic-Fantasy, catégorisée en jeunesse mais qui, à mon sens, peut être lue à tout âge : La Quête d’Ewilan, de Pierre Bottero. Ces livres sont pour moi une véritable bible de la littérature fantastique pour la jeunesse : un style poétique, un récit captivant et des personnages incroyablement attachants, voilà la recette de ce succès. La trilogie a été rééditée récemment sous la forme d’un omnibus regroupant les trois tomes, ainsi que quelques bonus inédits. Rien que pour le visuel de l’objet, cela vaut le coup de l’avoir dans sa bibliothèque !

Dix petits nègresDix petits nègres, Agatha Christie

Le troisième livre que je vous suggère est un classique du roman policier, écrit par la plus grande auteure du genre : il s’agit de Dix petits nègres, d’Agatha Christie. Je suis une grande admiratrice d’Agatha Christie, et vous pouvez me croire : de tous les livres de cette auteure que j’ai pu lire, celui-ci est pour moi le meilleur. Le suspense est maintenu jusqu’à la toute dernière page, et croyez-moi, une fois votre lecture commencée, vous ne pourrez plus lâcher ce livre avant de l’avoir terminé ! C’est un excellent roman pour tous les fans de littérature policière, à découvrir ou redécouvrir sans se lasser.

Les amants de Samaroux, Natasha FarrantLes amants de Samaroux

Le quatrième livre de ma liste de Noël est un roman historique plutôt destiné aux adolescents : Les amants de Samaroux, de Natasha Farrant. L’action se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, dans un petit village de la France libre : Samaroux. On y suit deux jeunes adolescents qui, au mépris de la guerre et des tourments, vont connaître leur premier amour… mais la guerre reste la guerre, et tout peut basculer à tout moment. Basé sur des faits réels, ce roman émouvant donne fort à réfléchir, et permet aussi de se remémorer les sombres évènements de cette période de notre histoire. Un roman idéal pour les amateurs de romance, ainsi que pour les jeunes qui s’intéressent à tout ce qui touche de près ou de loin à cette période.

La Rose Ecarlate T1La Rose Écarlate, Patricia Lyfoung

Et enfin, je pique un peu de travail à ma copine Wiiseko puisque le cinquième livre de ma liste s’avère être une bande-dessinée, ou plus précisément une saga de BD : La Rose Écarlate, de Patricia Lyfoung. J’ai commencé à lire cette série alors que j’étais au collège (autant vous dire que ça commence à dater), et depuis je suis toujours aussi fan. Les dessins sont superbes, et même si l’intrigue peut parfois paraître un peu bateau, les personnages sont si attachants et drôles que l’on ne peut qu’adhérer. Ces BD sont plutôt jeunesse, donc à destiner à un public adolescent. Mais après, rien ne vous empêche de les lire si vous êtes plus âgés : j’ai bientôt vingt ans, et personnellement, je ne m’en lasse pas !

Terre Noire (tome 1) par Michel Honaker

Terre Noire T1Les exilés du Tsar

par Michel Honaker

Flammarion, 2009

13€

Résumé :

Jeune compositeur, Stepan réjouit par sa musique l’esprit du tsar. Mais tant de succès dérange. Alors. le jeune homme est accusé de complot contre le pouvoir. En Russie, il n’y a pas de place pour les traîtres. Stepan doit quitter ses terres d’Ukraine qu’il chérit tant, le sombre domaine de Terre-Noire ; et abandonner sa seule alliée, Natalia. Très vite, son exil prend la couleur de la haine…

Mon avis :

Je dois vous avouer que lorsque j’ai acheté ce livre au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, je ne m’attendais à rien de particulier. En effet, je n’avais jamais entendu parler de ce roman, que ce soit sur la blogosphère ou ailleurs. Mais finalement, il s’est avéré être pour moi un véritable petit coup de coeur !

Ce qui m’a attirée vers ce livre en premier lieu, c’est sa couverture, que je trouve vraiment superbe, et en même temps assez angoissante. Elle nous intrigue dès le premier regard, et j’ai eu envie d’en savoir plus… Seconde chose : le contexte du récit. Ce dernier se déroule en Russie Impériale, sous le règne du Tsar Alexandre III, à la fin du XIXème siècle. C’est une période qui m’intéresse énormément, et ce depuis très longtemps, alors je peux vous assurer que j’ai été enchantée de retrouver de nombreux éléments historiques disséminés à travers les pages de ce livre. On croise notamment plusieurs personnages historiques réels, dont le Tsar Alexandre III, et également son fils, le jeune tsarévitch Nicolas, futur Tsar Nicolas II…

Le  récit nous est conté par deux narrateurs, Stepan Tchakarov et Natalia Danilova, qui se livrent tour à tour par le biais de lettres et de journaux intimes. Le fait d’avoir ces deux points de vue différents nous permet de mieux appréhender l’histoire de ces deux jeunes gens, presque frère et soeur, qui voient du jour au lendemain leurs vies bouleversées après la mort de leur mère et protectrice, la baronne Danilovna. Cette dernière avait en effet adopté Stepan alors qu’il n’était encore qu’un enfant, et l’a guidé sur sa voie de grand compositeur tout au long de sa jeunesse. Après sa mort, Stepan se voit contraint de fuir Saint-Petersbourg pour échapper au complot monté contre lui par le frère de Natalia, Vollodia, et le beau-frère de celle-ci, Kusak, tous deux jaloux du succès du jeune homme.

C »est une histoire qui est loin d’être joyeuse, je dois bien l’admettre, et certains passages sont particulièrement durs. Mais pour autant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être conquise par l’ambiance du récit, par cette description de la Russie Impériale troublée par des terroristes politiques, par la relation entre Stepan et Natalia… Le tout combiné forme un récit incroyablement captivant, rendu encore plus agréable par l’écriture de son auteur, qui parvient avec brio à osciller entre suspense et poésie.

Pari réussi, en ce qui me concerne, et j’ai maintenant hâte de pouvoir lire le second tome de cette trilogie.

~ Galinean ~

Note : ✭✭✭✭✭

La Bible Game Boy – La Nintendo religion !

bible-game-boyCollectif d’auteurs – 8 novembre 2013 – Éditions Pix’n Love

Connais tu les éditions Pix’n Love, mon cher lecteur ? Si tu n’es pas un gamer, il y a peu de chance, car la maison édite des (beaux) livres bien spécifiques.

Je vais vous rapporter la description que la maison se fait d’elle même, car elle le fait très bien, et je ne saurais mieux dire.

« Créée en septembre 2007, Pix’n Love est une maison d’édition dédié à l’univers du jeu vidéo, et plus précisément à celui du rétrogaming : le vieux, le bon, le chaud, celui qui sent le sprite vieilli par le temps et le pixel coloré, celui qui aime les bonnes grosses manettes à switches et les câbles qui débordent dans tous les sens.
Parce que nous souhaitons archiver l’histoire du patrimoine vidéoludique et la décrypter, la ligne éditoriale de Pix’n Love s’articule autour d’un véritable travail d’investigation. En rencontrant, en interviewant, en s’infiltrant parmi les acteurs de l’époque, les limiers de Pix’n Love parviennent à distiller des scoops, des anecdotes, des trivias, sur des acteurs ou des événements qui ont marqué d’une empreinte indélébile l’industrie vidéoludique.
Au-delà même de cette mission de salubrité publique, Pix’n Love milite pour la défense des beaux objets, des objets rares, des objets cultes, des objets qui de par leur origine, leur sujet ou leur conception apporte une pierre nouvelle à cette maladie périlleuse pour le porte-monnaie mais tellement salvatrice pour nos neurones qu’est la collectionnite aigûe.
Rechercher, dénicher, scruter, découvrir, exposer et expliquer : telle est la mission de Pix’n Love. Mission, qui nous l’espérons, vous enchante et continuera à vous enchanter.

Le jeu vidéo : Plus qu’une passion, un sacerdoce !  »

Tu l’auras donc compris, Pix’n Love parle avec amour des jeux-vidéo pour les amoureux des jeux vidéo. Donc si tu n’aimes pas ça petit lecteur … bah déjà ta vie est bien triste car tu passes à côté de tant de choses (aaah les soirées entre copains à se taper dessus sur du Mario Party et compagnie, dans la joie et la mauvaise foi – « c’est la faute de la manette » étant l’excuse la plus récurrente-.) , et ensuite les ouvrages de la maison risquent de peu t’intéresser.

Mais le livre dont je vais vous parler peut quand même t’interpeller. Aujourd’hui, je vais vous parler de La Bible Game Boy !

Résumé :

 » Que veux-tu qu’on fasse d’un truc pareil ? Qui va acheter une machine avec un écran sur lequel on ne voit rien ? Je refuse de vendre ça ! « 

Les paroles d’Hiroshi Yamauchi, l’autoritaire et charismatique président de Nintendo, résonnent dans la tête de Gunpei Yokoi comme une terrible mise à mort. L’ingénieur, père des célèbres jeux électroniques Game & Watch, est pris de vertiges… Le prototype de la future Game Boy qu’il a confectionné avec soin et inventivité, est balayé comme un vulgaire château de cartes !

 » Fort heureusement, chaque réussite est l’échec d’autre chose « , clamait Jacques Prévert. Et Gunpei Yokoi de relever le défi pour nous offrir, à l’orée des années 1990, plus qu’une simple machine : un véritable phénomène de société ! Fascinante d’ingéniosité et de féérie, la Game Boy et sa ludothèque hétéroclite ont fait rêver des générations entières de joueurs.

Plus de 20 ans après, Les Editions Pix’n Love lui rendent hommage à travers un recueil unique arrosé d’une bonne grosse dose d’amour et de pixels monochromes.

Un incroyable morceau d’histoire. Et qui tient dans le creux de la main, s’il vous « Play »…

Ce que j’en pense :

Aaaah, par où commencer ?
Ce livre remue en moi tant de souvenirs, mes premiers en rapport avec le monde vidéoludique qui occupe maintenant une grande place dans ma vie. Moment émotion.

Mais je m’égare. Déjà, pourquoi ai-je dis que La Bible GB pourrait intéresser même les non-fans de jeux vidéos? Tout simplement car, si tu as entre 20 et 30 ans, tu as forcément joué à un moment à un autre à la Game Boy. Et quand on sait que l’intégralité de la ludothèque GB est référencée dans cette Bible, ce qui représente environ 1300 jeux, on retrouve obligatoirement LE jeu de votre enfance. La nostalgie est donc de mise quand on découvre le commentaire des rédacteurs. Chaque cartouche y a le droit, et tous sont très honnêtes, ce qui est appréciable. Si le jeu est mauvais, on le dit, pas de faux semblants. En quelques lignes, on en sait les défauts et qualités, c’est d’une efficacité redoutable.

Mais avant le référencement des Pokemons, Looneys Toons et autre Tetris de la console portable, nous avons le droit à un historique complet de la machine en bonne et due forme. On y apprend ainsi que la Game Boy aurait pu ne jamais sortir, les tenants et aboutissants de sa conception et que travailler avec Hiroshi Yamauchi, président number Thriiiii de Nintendo, ne devait pas être rigolo tout les jours. Un travail de fond vraiment poussé et extrêmement intéressant qui nous enseigne beaucoup sur le boîtier gris culte de la firme japonaise

L’ensemble  y est très bien mise en page, à renfort d’image de croquis ou encore de la présentation de tout les modèles de Game Boy existants. Et vous seriez surpris de voir combien il y en a réellement. Le tout sur du beau papier glacé et tout en couleur, on ne se moque pas du lecteur.

Vous l’aurez compris, l’intérieur est de bonne qualité. Je vais maintenant me pencher sur l’extérieur. L’éditeur a eu la très bonne idée de reproduire une game boy trait pour trait, ce que soit sur la couverture principale ou la quatrième. On peut ainsi voir une cartouche insérée à l’arrière du bouquin. Un souci du détail qui fait plaisir à voir. J’ai l’impression de tenir une vraie GB entre les mains, bien que plus lourde et plus grande.

Mais ce n’est pas tout: Nous avons le droit aussi a des coffrets collector limités (voir image ci-dessus) !  Et quels coffrets, mon cœur de collectionneuse en palpite. Au nombre de 4, ils représentent les 4 plus grands Hits de la console, soit Tetris, The Legend Of Zelda, Mario ou Pokemon avec Pikachu. Pour ma part, le choix a été dur, mais ceux qui me connaissent auront deviné lequel j’ai fini par choisir: Pikachu ♥ . Les coffrets sont cartonnés et offre une lenticulaire animé. Ainsi sur le mien, on peut voir selon l’angle, un pikachu joyeux ou un pikachu faisant sortir de l’électricité de ces mythiques bajoues. Je retombe en enfance (en supposant que j’en sois sortie, ce qui n’est pas sûr) en jouant avec pendant des heures.

Conclusion :

Noël approche et ça tombe bien ! Cette Bible Game Boy est à rangée dans la catégorie beaux livres, à ne pas en douter.S’adressant à un public bien spécifique avec ces 320 pages de papier glacé, riche en renseignements et anecdotes, elle fera le bonheur des concernés. Surtout avec les coffrets collector, le plus dur étant d’en choisir un seul. On aurait tort de croire que le jeu vidéo est réservé aux enfants, et c’est encore une fois prouvé ici, car il est clairement destiné à un lectorat adulte. Car déjà cité la GB auprès d’un petit vous fera passer pour un dinosaure (si il connait la 3DS c’est déjà pas mal donc ne l’effrayez pas plus). Et ensuite, car le livre est plein de détails techniques qu’un passionné aimera connaitre -culture J, toussa- mais qui ennuieront nos charmantes petites têtes blondes. Le seul bémol que je retiendrais est le prix. 34 euros pour la version normale et 39 pour une collector … Quand bien même c’est une belle pièce de collection, cela reste un peu en travers de la gorge. Je n’ai jamais rechigné à payer la qualité, mais cela commence à faire une somme.

Mais si vous êtes prêt et assez féru pour y mettre le prix, la Bible Game Boy ne vous décevra pas.

-Wiiseko-

Mon avis : ✭✭✭✭✭

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L’appel du coucou : J.K. Rowling sous couverture

galbraithBrillant !Je suis un véritable amoureux de polar. En général, j’aime bien le polar à l’ancienne, le polar tendance Thierry Jonquet ou Fred Vargas, avec ce bon vieux personnage de détective très singulier, ses lumières, ses démons, cette ambiance mouillée de la pluie et de la lumière des lampadaires, la ville et ses coins sombres… Et puis ce morceau de Jazz que j’entends toujours, à la Nestor Burma, ce sax mélancolique dont la musique s’écoule sur le pelage d’un chat de gouttière… Polar. La tendance sociale, aussi, à expliquer le crime, non par la méchanceté pure, mais par la vie et l’usure. Seulement ces derniers temps, le polar a cédé à la tendance très américaine du thriller. Le thriller, c’est un peu de polar, pas mal de sang, et si dedans vous arrivez à mettre une secte satanique et des sacrifices humains, vous gagnez le jackpot. Je ne jette la pierre à personne, il m’arrive d’en lire, c’est fun, c’est dégoûtant, ça fait un peu peur, bref : c’est distrayant. Mais ça devenait stupide. Une sorte de mimétisme : tout le monde écrivait son thriller. Alors quand j’ai entendu que J.K Rowling, sous le pseudonyme de Robert Galbraith, avait écrit un polar « à l’ancienne » acclamé par la critique, et bien, j’ai sauté dessus. Lire la suite