Le potentiel érotique de ma femme – David Foenkinos

lepotentielerotiquedemafemme« Son expérience en matière d’érotisme ressemble au charisme d’une fissure. » ; tout est dit, David Foenkinos résume ici très bien ce que l’on ressent en lisant son livre: Le potentiel érotique de ma femme

Je suis la première à dire que La délicatesse est une jolie gourmandise, une parenthèse sucrée qui met du baume au coeur. En bref, une bonne lecture de vacances. C’est donc naturellement que je me suis tournée vers Le potentiel érotique de ma femme, en quête d’une lecture légère et agréable. Avec un titre aussi long et accrocheur je ne m’attendais pas à une oeuvre (pour autant que l’on puisse appeler ainsi cet assemblage de pages) aussi plate, lourde et vide de toute sensualité.

L’histoire est pourtant prometteuse: Hector, élevé laborieusement par une mère passionnée de soupes et un père obsédé par la moustache du sien (de père), souffre de « collectionnite aiguë ». Sa « maladie » le pousse au suicide à la suite d’une défaite au concours de la plus belle collection de badges. Évidemment, en parfait raté, sa tentative est avortée par un malaise dans les couloirs du métro sous lequel il voulait se jeter (ce qui est particulièrement dommage, cela nous aurait évité les cent pages suivantes). Hector est alors hospitalisé pour six mois, il se désintoxique des collections et – surprise! – tombe amoureux d’une infirmière. Il l’aime, elle l’aime, ils s’aiment. Tout est parfait.

L’auteur aurait pu avoir la délicatesse de s’arrêter là. Mais non, sinon le titre n’aurait aucun sens. Or, cela fait cent pages que nous sommes à l’affût du fameux « potentiel érotique ». Il se trouve que l’infirmière, aussi nommée Brigitte, lave les vitres comme personne (ou plutôt comme tout le monde) et cela excite son époux. À tel point qu’il décide de tout faire pour la voir escalader son petit tabouret et astiquer des carreaux. Chacun son truc… Mais était-il bien nécessaire d’en faire un livre?

Si encore le tout était bien écrit. Mais Foenkinos collectionne les blagues vaseuses et les figures de style laborieuses. Il n’y a pas une once de sensualité, tout est lourd. Passé les trois premières pages on fait littéralement une indigestion du style de l’auteur. Sans parler des constantes apostrophes au lecteur qui pourrait être agréables si elles ne se résumaient pas à « regardez comme je suis drôle et talentueux! « . À force de se concentrer sur le lecteur il en oublie ses personnages. Ce qui explique sûrement leur cruel manque de profondeur.

En résumé, entre un anti-héros caricatural à la « tête de héros », une trame tellement loufoque qu’elle en devient invraisemblable et un style à vous faire regretter les Mémoires du Général de Gaulle… Je ne peux vous conseiller qu’une chose pour vos prochaines vacances: laissez Foenkinos à ses collections. Lisez plutôt le dernier François Morel qui veut être futile à la France. Futile, peut-être, mais qui a au moins le mérite d’être drôle et vraiment intelligent!

Elisa Brière

Si, malgré tout, vous désirez ardemment acquérir ce livre, faites le chez votre libraire ou via leslibraires.fr

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