Kinderzimmer par Valentine Goby

KinderzimmerKinderzimmer

par Valentine Goby

Actes Sud, 2013

20€

Résumé :

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Mon avis :

Il y a des livres, comme ça, qui ne peuvent laisser indifférents leurs lecteurs. Et c’est notamment le cas de celui-ci. Basé sur de véritables témoignages, en particulier celui de Marie-José Chombart de Lauwe, résistante déportée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale, ce récit brillamment romancé par Valentine Goby  nous prend littéralement au tripes, et nous dévoile une part de notre histoire encore méconnue.

Car oui, dans les camps de prisonniers allemands, les prisonniers (ou ici, en l’occurrence, les prisonnières) ne s’arrêtent pas de vivre. La vie y est certes bien différente, bien plus dure et bien plus marquée par les privations, mais la vie reste la vie. Mila, résistante déportée, en est la preuve vivante, puisqu’elle arrive au camp de Ravensbrück alors qu’elle est enceinte d’à peine quelques semaines.

Le récit est alors rempli de contradictions flagrantes, parfois même difficiles à supporter pour le lecteur, qui se sent presque mal à l’aise en tournant les pages : des conditions de vie insoutenables du camp de travail, à la Kinderzimmer, ce lieu où se trouvent tous les enfants nés dans le camp ; de l’inhumanité des gardes allemands au soutien que trouvent les prisonnières entre elles… Le propos de l’auteure est cru, net. Le style est tranchant, n’hésite pas sur les mots, dit les choses telles qu’elles étaient à l’époque, sans tabous ni peur de la réalité. Ce style marque l’esprit du lecteur mieux que n’importe quelle autre façon de faire.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé, ou que j’ai détesté ce livre. Je l’ai lu. Je me suis attachée aux personnages de Mila, Teresa, et de certaines autres prisonnières du camp. J’ai souffert, j’ai espéré, j’ai résisté avec elles au travers des pages de ce récit. Un récit poignant à souhait, qui ne peut pas laisser indifférent, dans tous les cas. Valentine Goby a su à merveille retransmettre les sentiments de ses personnages, de manière à ce que nous puissions presque nous mettre à leur place. Presque, car malgré cela, on ne saura jamais vraiment ce que c’est que d’endurer de telles souffrances.

Je recommande ce livre à toutes les personnes qui, comme moi, s’intéressent à l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Mais je préfère prévenir : âmes sensibles, s’abstenir ! Car le propos est vraiment très cru : descriptions de blessures en tous genres, de tas de cadavres gisants dans la boue… Des faits, certes, mais qui peuvent néanmoins choquer certains vu la manière dont ils sont présentés.

Un livre qui sait toucher nos émotions, pour comprendre, se souvenir, et surtout, ne jamais oublier.

~ Galinean ~

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