Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka

Certaines n’avaient jamais vu la mer,9782752906700FS
de Julie Otsuka
(Editions Phébus)
Paru en août 2012
142 pages / 15€

Résumé :

Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux Etats-Unis, toutes mariées par procuration. C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. A la façon d’un choeur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et l’internement dans les camps de concentration – l’Etat considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

Critique :

Il est des pans d’histoire qu’on n’apprend pas à l’école… comme si on n’en avait jamais fini avec le déni d’humanité …  elle est aussi terrible qu’inconnue cette destinée des femmes du Levant vendues par leurs familles à des japonais d’Amérique en quête d’épouses. Elle est terrible la découverte du mensonge qui fait place au mythe au bout du voyage…

On embarque avec elles, toutes ensemble sans distinction d’histoire parce que la leur fut collective, niant toute forme d’identité. Singulières seulement de quelques degrés d’horreur, leurs vies oscillent entre devoir et regrets sur fond de honte et de retour impossible. Sitôt débarqués, on découvre, on accouche, on pleure, on travaille avec elles, emportés par une écriture-souffle. Parce qu’elle est bien là la force du roman : Julie Otsuka qui compose son récit à l’encre d’un métronome, scande, halète et  impose le rythme… nous voilà hors d’haleine consolés à de rares moments par quelques bribes de pure solidarité faite femme.

Marie-Hélène OLLA

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Une réflexion sur “Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka

  1. Je n’ai lu que « Quand l’empereur était un dieu » de Julie Otsuka, et malgré mes recherches, je n’avais pas réussi à trouver d’autres romans d’elle dans les librairies ou autres de chez moi, mais faudrait vraiment que je lise celui-là, j’avais énormément aimé celui que j’ai lu, parce que j’avais trouvé son style (la traduction du moins) hyper épuré, et ça m’a laissé une forte impression. Comme tu dis, c’est vraiment un pan de l’histoire qui est méconnu/malconnu, et c’en est d’autant plus intéressant. Je crois que je ne serais pas déçue, vu ton article, si je le trouve !

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