Love & Pop de Murakami Ryû

Love & Pop
de Murakami Ryû
(Editions Philippe Picquier)

Sorti en janvier 2009 pour le grand format
192 pages / 18,00 €

Sorti en août 2011 pour le format poche
224 pages / 7,00 €

Résumé :
Love & Pop aborde une forme de prostitution propre au Japon, dont Murakami avait déjà fait le sujet troublant de son film Tokyo Decadence.
Par l’intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s’acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d’une jeune fille qui, désirant absolument s’offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l’avait prévu. La littérature n’a que faire des questions de moralité, dit Murakami Ryû, qui a construit son roman à la manière d’une œuvre d’Andy Warhol, en fondant dans la narration des bribes de conversations, d’émissions de radio ou de télévision, des litanies de marques, de titres de films ou des paroles de chansons à la mode.

Comme un bruit de fond faisant soudain irruption au premier plan pour saturer le sens de ces rencontres qui ouvrent sur tous les possibles de l’humain. Tandis qu’une violence latente se fait de plus en plus pressante et précise.

Critique :
A force d’en entendre parler, je me suis dit qu’il était peut-être temps de lire du Murakami Ryû (à ne pas confondre avec Murakami Haruki !). Sa place n’est plus à faire puisqu’il est auteur à succès mais aussi cinéaste, adaptant parfois lui-même certaines de ses oeuvres.

On m’avait conseillé de lire Les bébés de la consigne automatique, mais je ne l’ai pas trouvé en librairie, le seul livre disponible de cet auteur était Love & Pop, son avant dernier, paru en 2009 en France. J’ai trouvé la couverture vraiment plaisante et attirante. Mais ce qui m’a déterminé à l’acheter, c’est bel et bien la 4ème de couverture. Je m’intéressais déjà au phénomène du enjyô kosai, qui est une pratique bien courante au Japon, consistant à des jeunes filles à se faire payer pour escorter des hommes et parfois à se prostituer.

La taille et l’épaisseur (224 pages) peuvent laisser dubitatif. L’histoire se concentre sur Yoshii Hiromi, notre héroïne, lycéenne de 16 ans, durant le temps d’une journée seulement. Mais cela suffit amplement à nous plonger dans son univers. C’est un livre qui se dévore, où l’intrigue est réellement présente. Plus on avance, plus on sent que ce ne sera pas une journée banale pour Hiromi. Car aujourd’hui, 6 août 1996, elle a décidé de se rendre à des rendez-vous seule avec des hommes, alors qu’habituellement, elle le faisait toujours en groupe avec ses trois amies. Les enjyô kosai, étant le meilleur moyen de se faire de l’argent, beaucoup d’argent et très vite, pour pouvoir se payer la bague qui la fait rêver. Murakami dépeint l’histoire d’une jeune fille autant attachante que pathétique : pourquoi aller aussi loin pour une chose aussi futile ?

Son style est assez spécial, toutes sortes de choses se mélangent dans le récit, sans distinction apparente, c’est au lecteur de discerner quand on entend la radio, la télévision, une conversation téléphonique ou au sein d’un café. J’ai beaucoup apprécié ce côté-ci, on a réellement l’impression de baigner au cœur du roman, les sens étant tous mis à contribution. L’unique chose qui m’a peut-être « rebutée » (et encore, rebutée est un mot trop fort), ce sont les quelques énumérations au tout début du roman, de marques de fringues et de leurs prix.

Pour finir, je voulais vous parler du titre de ce roman, Love & Pop. Lorsque je commence un livre, je me demande toujours : « pourquoi ce titre ? » et surtout : « aurions-nous une explication quant au titre ? ». Je pensais qu’ici il n’y en aurait pas. Raté ! L’explication arrive à l’avant dernière page, comme pour achever le roman en un dernier coup. Génial !

J’ai réellement adoré, et je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas le dernier livre de Murakami Ryû que je lirai. A lire absolument !

Gaëlle

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4 réflexions sur “Love & Pop de Murakami Ryû

  1. Je l’ai lu il y a deux ans, il me semble ce livre, et c’était aussi mon premier de Murakami Ryu. Il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais je l’ai trouvé complètement malsain, en revanche, mais c’était à cause du sujet traité. Je me demandais tout le long du livre si l’héroïne comptait aller jusqu’au bout et si ça allait mal se finir ! J’ai lu 2 ou 3 livres de cet auteur, dont Kyoko, qui est carrément plus positif et que j’ai préféré. Sinon le reste est plutôt pessimiste ! Bref, c’est sûr qu’il faut passer par la case de cet auteur pour lire sur le Japon « moderne » et c’est ce qui est bien !

    • Tu me recommanderais donc Kyoko ? 🙂
      J’ai lu Parasites que j’ai trouvé totalement … étrange et déroutant. Et Ecstasy m’attend dans ma bibliothèque. C’est vrai que ses sujets tirent bien souvent vers le malsain, et je pense que lire plusieurs livres à la suite de cet auteur n’est pas une chose à faire. ^^
      Tu te souviens des autres livres que tu as lu ? 🙂

      -Gaëlle-

      • Ah oui Kyoko, je te le recommande ! Y a toujours ce côté un peu pessimiste, mais l’intérêt c’est que l’héroïne est à contre-courant de tout le reste, et moi j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire !

        Eh bien je ne me rappelle plus très bien ce que j’ai lu d’autre de lui, mais je sais que j’ai essayé de lire Les bébés de la consigne automatique, mais c’était trop sombre et déprimant pour moi, et ça me mettait un peu mal à l’aise, mais je ne saurai pas vraiment te dire pourquoi. Si je me rappelle d’autres que j’aurai lu, je te dirais !

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